Nomination de Mgr Nicolas LHERNOULD

La cathédrale de Tunis

Vie de l'Eglise
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Que se passe t-il quand on déshabille Pierre pour habiller Paul? Dans l'Église tous les détachements sont possibles avec la grâce de Dieu. C'est cet Esprit de foi en Dieu,  de communion avec le Saint Père, que nous donne l'Église de Tunis en acceptant avec fraternité que le Père Nicolas LHERNOULD devienne évêque de Constantine selon la volonté de Dieu. Avec eux, l'Église de Constantine dit de tout cœur: Lhamdoulileh." (NDLR du site de l'Église d'Algérie).

Que dit Tunis ?

Père Nicolas avec les soeurs de Mère TeresaLe père Nicolas décrivait ses sentiments lors de l’annonce que le Saint Père l’avait nommé évêque de Constantine dans sa « réponse à deux questions posées par le site web de l’Église d’Algérie » le 17 décembre 2019 : « Au milieu des activités quotidiennes. J'aime souvent prier en pensant que la Vierge Marie, le jour de l'Annonciation, était à la maison au milieu des activités de tous les jours : c'est d'abord là que le Seigneur nous parle et nous rejoint, dans la simplicité du quotidien. Une part essentielle de notre vie ne consiste-t-elle pas à être attentifs à cette présence du Seigneur dans la vie quotidienne, la nôtre et celle de toute personne qu’il nous conduit à rencontrer ? […]. C'est dans le quotidien que la Parole nous rejoint ».

L’annonce de Rome : Père Nicolas évêque C’était une journée comme les autres le quatre décembre 2019 quand notre Nonce Mgr Luciano Russo, « sub secreto pontifici », lui annonçait que le Pape François l’avait choisi pour devenir le nouveau évêque de Constantine. En effet, comme pour la Vierge, le Seigneur lui avait parlé au milieu de ses activités pastorales quotidiennes. Je n’ose pas imaginer les sentiments et la crainte de son cœur lors de cette annonce qui devait changer radicalement son existence après vingt-cinq ans de présence en Tunisie. J’ai compris alors pourquoi le père a pris comme prototype de ses sentiments l’Annonciation de l’ange à la Vierge Marie à Nazareth. Quant à moi le choix du Pape ne m’a pas étonné car le nom du père Nicolas se trouvait déjà dans plusieurs « terna » épiscopales pour des « sede vacante » dans des diocèses. Des cardinaux à Rome m’avaient assuré qu’avant d’avoir atteint cinquante ans d’âge aucun candidat ne serait désigné évêque. J’étais tranquille. Notre projet était que le père Nicolas, apprécié pour son zèle apostolique, pouvait rester parmi nous pour continuer ses nombreuses activités pastorales. Mais « l’homme propose et Dieu dispose », et malgré son jeune âge, le Seigneur devait le choisir pour être le successeur de saint Augustin, évêque lui aussi, de Constantine et d’Hippone. A Dieu on ne peut pas dire « non ! », même quand il nous demande d’accomplir des missions difficiles. Comme la Vierge, la réponse du père Nico- las alors ne pouvait être que « oui et que sa volonté soit faite ! », avec un cœur plein de confiance et surtout sûr que, malgré sa crainte bien humaine, le Seigneur qui l’avait appelé ne l’aurait pas abandonné en chemin.

Et notre Église de Tunisie ?

Intérieur de la cathédrale de Tunis Parfois nous nous plaignons d’être une Église vivante, oui, mais inconnue, un petit troupeau qui a bien peu à donner. Nous oublions que nous sommes une partie essentielle, irremplaçable de l’Église au Maghreb. Notre « petit troupeau » a une responsabilité et une mission sublime d’être le témoin du Christ dans l’humilité évangélique, qui nous pousse à être des compagnons de chemin de nos amis dans tout le Maghreb et à montrer, par notre vie, que Dieu les aime. La place dans le Maghreb où s’accomplit notre mission n’est pas importante pourvu que le nom du Seigneur soit annoncé. L’important est que notre Église de Tunisie n'ait pas peur car le Seigneur ne nous abandonne pas non plus.

Le Pape François, à qui nous sommes reconnaissants, sait bien que nous sommes une Église vivante, courageuse, une Eglise qui aime son peuple et se met au service de tous sans distinction. Pour cela il a voulu choisir parmi nos prêtres un évêque, un successeur des apôtres, un successeur de saint Augustin, un pasteur « selon son cœur » pour continuer la mission du Christ. Le mot du Pasteur - Le P. Nicolas nouvel évêque de Constantine - Hippone Le choix du Pape est un motif de fierté pour notre Eglise car il montre sa confiance, son estime et son amour envers notre Église.

Un signe des temps ?

La consécration épiscopale du père Nicolas dans notre diocèse est certainement la bienvenue après une longue période de « jeûne ». La dernière solennité épiscopale dans le diocèse remonte au 7 octobre 1962. Ce jour-là, Mgr Collini était consacré évêque. Un des trois consécrateurs était Mgr Pinier, évêque de Constantine et Hippone. Un signe des temps  ? Évêque à Constantine Quel est le programme du père Nicolas en arrivant à Constantine ? Comment ne pas admirer sa sagesse dans la réponse ? Écoutons-le : « J'ai tout à apprendre, tout à recevoir, dans la continuité et dans la nouveauté : de Dieu, de l’Église, du Peuple Algérien... J'envisage surtout d'abord de me laisser accueillir, de me laisser enseigner, de me recevoir de Dieu et des autres, en me mettant avec tous à l'écoute de l'Esprit Saint "qui fait toutes choses nouvelles" (cf. Ap 21,5) à travers chacun ». Enfin nos cordiales félicitations au Père Nicolas. Nous voulons lui dire merci pour ce qu'il a été pour nous, pour ce qu'il a donné au service de notre Église de Tunisie, et l’assurer que notre prière ne lui manquera pas dans sa nouvelle mission épiscopale.

Nous sommes sûrs qu’avec l’aide de la grâce de Dieu il sera à la hauteur des expectatives de ses fidèles à Constantine et Hippone, un vrai « pasteur selon le cœur de Jésus ». Que la Vierge de Carthage le protège de son manteau maternel, que Saint Cyprien, Patron de notre Diocèse et de l’Afrique du Nord, et Saint Augustin, Patron du diocèse de Constantine et Hippone, l'accompagnent dans sa tâche et dans son ministère. Enfin "Tout est déjà donné"..., disait le père Nicolas, joie confiante d'aller vers une Église que je ne connais pas, mais que je sais forte de sa petitesse, rayonnante de sa pauvreté évangélique, ce terreau si propice pour vivre une fraternité qui se fait humblement témoignage: "C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples" (Jn 13,35)... Joie que cette Église fasse partie de notre famille de l'Afrique du Nord, que j'apprends, à connaître, à aimer, à servir aussi à travers les travaux de la CERNA notre Conférence Épiscopale régionale ». Consécration épiscopale Nous connaissons bien le père Nicolas mais il continue à nous émerveiller par sa sagesse et son amour vers l’Église du Maghreb. Sa consécration épiscopale aura lieu à Tunis, dans « sa maison », sa Cathédrale, le samedi 8 février 2020.

L’Église exige, pour toute consécration épiscopale, la participation de trois évêques. Or le père Nicolas, veut montrer l’unité de nos églises au Maghreb et mettre en évidence la communion fraternelle qui les unit. Il souhaite que sa solennité se tienne avant tout sur le territoire du Maghreb, en Tunisie, et qu’un évêque de chaque pays de la CERNA, depuis la Libye jusqu’au Maroc, participe à sa consécration épiscopale. C’est une première très significative dans nos Églises maghrébines. Un « signe des temps » comme nous dit l’Évangile.

Nous vous attendons nombreux le samedi 8 février : qu’il soit un jour de fête et de grande joie pour notre Église de Tunis, ou mieux, pour notre Église du Maghreb.

+ Ilario ANTONIAZZI
BULLETIN DE L’ARCHIDIOCESE DE TUNIS
Janvier - Février 2020