« Ces mains que Dieu nous donne… »

Vie de l'Eglise
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Pendant les journées nationales du Réseau Caritas Algérie (28-29 avril 2019) organisées à Alger, a été visionné un excellent documentaire au sujet de l’accueil et de la prise en charge des enfants handicapés réalisé par le diocèse Ghardaia-Laghouat.

Ce documentaire intitulé « Ces mains que Dieu nous donne » valait mille conférences tant l’effet sur les participants a été prégnant. Et le mérite des 6 communautés de sœurs relevant du diocèse de Laghaouat-Ghardaia a été reconnu par tous également devant les nombreux défis qu’elles relèvent et l’abnégation dont elles font preuve. Sr Martine Noungou directrice Caritas du diocèse de Laghouat a présenté le sujet dont elle a suivi la réalisation parmi les 6 communautés de sœurs, rend hommage à l’appui prodigué par Misereor et KinderMissionsWerk depuis 5 ans pour le projet d’aide aux enfants handicapés souffrant notamment d’infirmité motrice cérébrale (IMC), d’autisme et de trisomie 21.

Les 6 communautés qui participent à ce projet « Handicap » sont Les petites Sœurs du Sacré Cœur (France) à Tamanrasset depuis 1999 ; les Sœurs Franciscaines missionnaires de Marie à Aïn Sefra (Pologne, France, Espagne) depuis 2006 ; la communauté de N.D. de la Salette (Madagascar) à El Meniaa ; les sœurs de N.D. du lac Bam (Burkina-Faso) à Timimoun depuis 2014 ; les Missionnaires de l’Immaculée PIME (Inde, Papouasie, Brésil) à Hassi-Messaoud depuis 2013 et les sœurs de l’Immaculée Conception de Ouagadougou à Ouargla depuis 2016. Chacune d’entre elles, nouvellement installées ou héritières d’une présence ancienne, prennent à bras le corps des situations complexes, car elles affrontent non seulement la pauvreté mais aussi le manque de moyens et les préjugés sociaux qui freinent la prise en charge précoce du handicap afin d’aboutir à de meilleurs résultats.

Bien que la formation soit un préalable de base pour s’occuper d’un enfant handicapé, certaines sœurs n’ont pas hésité à se jeter à l’eau armées de bonne volonté, du savoir-faire empirique qu’elles possèdent ou de conseils prodiguées grâce aux échanges entre sœurs. Le compter sur soi est une règle, elle a permis aux sœurs d’Aïn Sefra qui accueillent exclusivement les IMC auxquelles elles appliquent la méthode de rééducation Bobath, de fabriquer elles-mêmes les attelles des enfants. « On suit le besoin des enfants, à partir du moment où il n’y avait rien, il fallait trouver une solution : un peu d’imagination, un peu d’internet, puis nous testons. Il a fallu un an pour fabriquer une attelle du genou » raconte Sr Isabelle. A présent, l’attelle du pied d’un enfant de 1 à 2 ans absorbe 4 heures d’ouvrage. Une expérience remarquable, véritable travail de « pro » à laquelle participent financièrement les parents qui paient juste le matériel (1000 D.A.), pas la fabrication.

Cette sollicitation des familles est souhaitable par toutes, elle est la clé de la réussite, ou de l’échec, dans la prise en charge de l’enfant. Les mamans en particulier s’investissent aussi bien au centre qu’à la maison, les visites à domicile des sœurs permettent un suivi des exercices. Quelques mères sont malheureusement dans le déni ou considèrent leur enfant handicapé comme une honte à cacher. Tenaces, les préjugés empêchent l’intégration de certains enfants à l’école, comme c’est le cas des autistes et des trisomiques. Ici, la collaboration du corps médical est souvent positive qui offre souvent des consultations gratuites pour ces enfants et qui à son tour oriente les cas délaissés vers les sœurs pour une prise en charge salvatrice.

La langue peut constituer aussi un frein dans la relation avec les enfants ou leurs parents. « La présence d’une psychologue algérienne a permis aux enfants de faire des progrès rapides » observent les sœurs de Hassi-Messaoud qui accueillent les autistes et les trisomiques 21. Elles ont consacré des salles différentes pour chaque trouble, car les capacités d’apprentissage sont différentes. Au centre d’El Meniaa, des relations thérapeutiques mais aussi affectueuses ont créé des attaches sans pareil avec les enfants qui refusent désormais en l’exprimant à leur façon, de changer de cadre ou d’institution. C’est la récompense absolue.

Car au bout du chemin de l’épreuve vient la joie, celle procurée par les progrès, et diront-elles en un commun accord, par ce sourire merveilleux qui illumine le regard de l’enfant mais aussi celui de ses parents. « Nous comptons sur la grâce de Dieu, nous utilisons ces mains qu’il nous a données pour donner notre part » conclura Sr. Bernadette de Timimoun.

Extrait de la revue Hayat N° 238 S. K.


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