La femme, moteur de l’Afrique : une journée magnifique !

De gauche à droite: Sr Zawadi Barungu, Marie-France Bouffier, Safia Zeghar et Sr Danuta Kmieciak

Vie de l'Eglise
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Commençons par la fin ! A 17h la chorale de la paroisse de Tizi-Ouzou et la chorale algéroise Nagam sont en train de chanter ensemble en arabe : « Ya Rabba assalami, imnah qulubina assalam… » (Ô Seigneur de la paix, accorde à nous cœurs la paix…).

Le public ne cesse d’applaudir, de lancer des you-yous, de prendre des photos et de filmer, d’essuyer ses larmes… et je me dis que nous avons bien fait d’organiser la 4ème journée mariale islamo-chrétienne à Notre-Dame d’Afrique.

Peu avant, à 13h, nous étions en train de déguster un délicieux couscous, ensemble, plus de 400 personnes, dans une ambiance fraternelle, sous le soleil de Dieu, admiratifs de la qualité du repas et de l’organisation pour sa distribution : cartes d’accès, trois points de distribution, salle pour les invités VIP, boissons fraîches, bonne humeur… et en plus nous étions en train de nous faire des nouveaux amis, selon la consigne donnée par le recteur.

Auparavant, à 12h, dans la basilique nous avions admiré la belle exposition de photos historiques sur les origines des pères blancs et des sœurs blanches, fondés il y a 150 ans à Alger. Sur dix panneaux, en arabe et en français, nous avons fait connaissance des textes du cardinal Lavigerie qui s’adressait à ses premiers apôtres pour leur donner des consignes sur la manière de vivre et de travailler. Certaines images, publiées pour la première fois, nous ont plongées dans un monde maghrébin qu’il fallait aborder avec courage et enthousiasme. Difficile de nous éloigner de l’exposition… même si on nous avait éteint les lumières !

La matinée, à partir de 10h30, fut l’occasion d’entendre divers exposés qui mettaient en valeur le thème de la journée « La femme, moteur de l’Afrique ». Dans le cadre du 150ème anniversaire de la fondation des Sœurs Blanches, elles étaient à l’honneur et par l’animation de deux tables rondes et par les intervenantes et par les thèmes abordés : Le traditionnel tour des questions après les interventions devint un concert de louanges, de la part des Algériens qui prirent la parole, pour dire combien l’ensemble de ces religieuses avaient été essentielles pour leur épanouissement humain et moral.

Cinq jeunes étudiants de l’Institut National Supérieur de Musique d’Alger avaient agrémenté la pause, à 11h30, avec un choix de musique occidentale et algérienne pour le bonheur de tous. C’est sans doute ces douces notes qui ont été le seul moyen de faire rentrer les invités, ou de sortir pendant l’intermède, pour contempler les productions des femmes artisanes qui exposaient sur l’esplanade pour le bonheur de tous… et la promotion de leur industrie. Que de beauté et de savoir faire !

A 10h, après le mot d’accueil du recteur de la basilique l’archevêque d’Alger, Mgr Paul Desfarges, nous a adressé quelques paroles, en arabe et en français, tirées de la récente déclaration commune entre le Pape François et le recteur de la mosquée Al-Azhar, Ahmed Taiyeb. Mr l’imam Hamdane, de la mosquée Al-Oumma, de Bologhine, n’a pas manqué cette année non plus son fidèle rendez-vous avec la basilique et s’est adressé à tous, en arabe, pour dire que « maison de la paix » est un des noms du paradis et ceux qui y entreront sont ceux qui ont un cœur pacifique ; selon l’imam l’islam ne peut pas être évoqué pour discriminer ou opprimer les autres.

Journée mariale à notre Dame d'Afrique

De gauche à droite : Imam Hamdane Seffaj, mosquée Al-Oumma, Mr. Ismaïl Chergui, chargé de jeunesse et culture à la mairie de Bologhine,
Mr. Abdelaziz Othmane, wali délégué de Bab El Oued, Mgr Paul Desfarges, archevêque d Alger Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d Oran

Et tout à fait au début de la journée, alors que les 15 bénévoles arrivés à 8h30, recevaient leur badge et les consignes à faire respecter, les trois pères blancs de la basilique, Guy, Peter et José, se sont regardés. Ils ont constaté que tout était en place et ils ont dit le mot le plus important de la 4ème journée mariale islamo-chrétienne : « On peut ouvrir les portes ! ». C’était 9h30 du matin du samedi 27 avril 2019.

P. José María CANTAL RIVAS, pb

 

 

« Journée Mariale le 27 avril »

En acceptant la proposition j’étais loin d’imaginer que j’allais participer à autre chose qu’à une journée spirituelle.

Dans le cadre des 150 ans de la fondation des pères blancs et des sœurs blanches d’Afrique, s’est tenue cette 4ème journée mariale islamo-chrétienne. Notre Dame d’Afrique, parée des plus belles fleurs et trônant au-dessus d’une mer tout ensoleillée pour l’occasion, a ouvert ses portes à 9h30. Le Père José-Maria Cantal, chef d’orchestre de la journée, nous détailla la partition réservée aux nombreux participants.

Après que Mgr Paul Desfarges et l’imam Hamdan, aient introduit le sujet, les premières intervenantes purent s’exprimer sur « La femme moteur de l’Afrique ». Sœur (Sr) Elisabeth Herkommer, Sr Chantal Vankalk, Sr Danuta Kiemiack, et Sr Bernadette Ouédrogo. Ces religieuses, d’origines étrangères, nous ont partagé leur expérience personnelle ou communautaire. C’est en se servant de la formation et culture qu’elles remplissent un même objectif : la promotion féminine. Un quatuor à corde encadra la pause. Celle-ci nous permit d’observer une exposition photos sur les 150 ans des pères blancs et de flâner à l’extérieur de l’église pour découvrir tapis, sacs, paniers, nappe, et autres œuvres du marché artisanal qui se tenait tout au long de la journée.

La deuxième partie de la matinée fit intervenir Marie-France Bouffier et Safia Zeghar en tant que femmes chefs d’entreprise, afin qu’elles nous parlent de leurs convictions. L’une d’entre elle nous parla en détail de la détermination, forgée en partie dans la pratique de l’athlétisme en compétition, qui lui avait été nécessaire afin d’obtenir le poste de directrice de publication d’un journal sportif. Avec l’ensemble des participants, nous avons pu approfondir le sujet en discutant autour d’un couscous marial offert par l’organisation.

Cette belle journée s’est terminée avec le concert donné par la chorale catholique de Tizi-Ouzou et la chorale Nagham d’Alger. Après s’être succédé, ces deux groupes ont unis leurs différences afin de faire vibrer la basilique de leur voix.

Alexandre Ramond

Extrait de Rencontres mai 2019