Consécration du sanctuaire de Santa Cruz Oran – 11 mai 2018

Santa Cruz Oran

Vie de l'Eglise
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Les regards fixés sur Santa Cruz, de nouveau éclatant de blancheur sous un ciel bleu turquoise, les pèlerins, venus de toute l’Algérie et de plusieurs continents et convoyés par une noria de bus-navettes, emplissaient « la chapelle ». Quatre années de travaux ont rendu à ce sanctuaire son lustre d’antan. Le Père Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran, a réussi, pour ce faire, à mobiliser tout un ensemble de collaborateurs et d’ami(e)s, parmi lesquels les Algériens, y compris les autorités de la ville d’Oran, ont tenu une place de choix.

Consécration Santa Cruz OranNous étions environ entre 5 à 600 participants, de toute nationalité, largement algérienne, chrétiens et musulmans, subsaharienne et européenne, dont nombre de Pieds-Noirs, dont des Nîmois. Une écharpe bleue, souvent agitée durant la célébration en signe d’approbation était comme le symbole de ce désir de communion, de ce « Vivre-ensemble », voulue par l’Évêque et son équipe. La liturgie de l’Ascension était tout à fait adaptée à cet objectif: “Go into all the world and preach the gospel to all creation “.

À 11 h, la procession des évêques et des prêtres accédaient au sanctuaire avec un chant bien choisi et animé par la chorale dynamique des étudiants subsahariens : « Seigneur, nous arrivons des quatre coins de l’horizon ». Chaque moment de cette liturgie était ponctué de chants et de you-yous : lectures des textes en diverses langues, homélie de l’évêque (occasion de rejoindre chacun ou chaque groupe dans sa singularité, avec le regret – pour nous - de ne pas disposer de son texte), profession de foi, dédicace de l’autel, marquée par la déposition des reliques des martyrs par l’un des évêques émérites d’Oran, le Père Alphonse Georger (un des moments forts !), l’onction de l’autel, dont la plaque en marbre a été conçue et placée par des amis algériens, la prière universelle en langue du Sud Sahara, le Sanctus comme le Notre Père et l’Agnus Dei en arabe. La liturgie s’est achevée avec un chant à la Vierge (O Vierge immaculée, ton Oranie aimée… », celui-là même qui résonnait avant l’Indépendance et exhumé des archives, appris par la chorale des étudiants ; ce chant a rejoint nos amis Pieds-Noirs, dont l’émotion était manifeste..

Vers 13 h, les participants étaient invités à partager une énorme paëlla, préparée par le frère César, mariste. La belle esplanade de Santa Cruz est ainsi rapidement devenue lieu de rencontre et d’échange entre les convives. Le « Vivre-ensemble », préconisé par le Père Jean-Paul, prenait chair dans le droit fil de ce que nous venions de vivre lors de la liturgie. L’après-midi s’est achevée sur un concert de chants, tandis que des Algériens en famille étaient montés d’Oran pour admirer « la chapelle » de Santa Cruz, comme la vue splendide du port d’Oran, plus ou moins noyé dans la brume…

Gérard de BÉLAIR

 


Source Écho de Constantine Juin 2018