Une vie donnée au Sahara

 

 

Odette Viguier vient de décéder, dans la nuit du 13 au 14 juillet dernier.

C’est une laïque qui a passé une grande partie de sa vie dans le diocèse de Laghouat-Ghardaia, au service de la population et de l’Eglise.

Nous voulons lui rendre un grand hommage, car c’est la dernière des « demoiselles » qui se sont dévouées ainsi, dans l’enseignement, la santé, la culture, la vie tout simplement : Anna-Maria Colombo, Claude Giraud, Jeanne Borotra, Mimi Mercier,…

Voici l’hommage qui lui a été rendu pour ses obsèques par notre évêque émérite, + Claude Rault

Des traces ineffaçables dans le sable saharien

Lorsque je suis arrivé au Sahara en 1975, Odette était engagée dans l’enseignement public au Sahara à El Goléa. C’est là que je l’avais rencontrée pour la première fois. Ce travail d’enseignante la mettait en relation directe avec ses élèves et avec leurs familles, et elle était appréciée et des uns et des autres.

Par ailleurs, elle était rattachée à la toute petite paroisse de cette oasis saharienne dont le prêtre résident était lui-même connu et estimé de la population musulmane.Son témoignage chrétien passait par la vie et par le témoignage d’un évangile vécu au milieu des populations sahariennes qu’elle visitait régulièrement. En plus de son travail, elle accueillait chez elles des élèves en difficulté pour leur permettre d’améliorer leur niveau. Elle était compétente, dévouée et très aimée.

Au moment de prendre sa retraite, comme elle résidait à El Goléa/El Meniaa, la ville où le Bienheureux Charles de Foucauld avait sa tombe, elle s’était proposée pour accueillir pèlerins et visiteurs qui venaient passer quelque temps dans cet endroit très recueilli. Pour illustrer la vie de Charles de Foucauld, elle avait même réalisé une petite exposition sur la vie et l’ œuvre de l’ermite du Sahara. Et je puis dire qu’elle a été à l’initiative de la remise en valeur de cette petite église. Son exposition a servi à l’élaboration d’une autre mais en continuité avec elle.

Mais comme l’insécurité gagnait la région au début des années 90, elle est venue habiter à Ghardaia en se mettant au service de l’ Evêque. Après quelque temps passé au secrétariat de l’évêché, elle a préféré s’établir dans un petit appartement non loin de la maison des Pères Blancs. Et là, elle gardait sa porte ouverte pour accueillir des jeunes et les aider à améliorer leur niveau scolaire. Elle accueillait aussi les confidences de beaucoup de femmes qui venaient lui rendre visite. C’est ainsi qu’elle s’est de nouveau insérée dans le milieu algérien où elle était très appréciée. Odette était aussi une femme de prière, et elle y consacrait du temps, et cela donnait beaucoup de sens à sa vie et à ses relations.

A cause de soucis de santé, il a fallu qu’elle quitte l’Algérie pour revenir au pays natal, et c’est au milieu des siens qui l’ont bien entourée qu’elle a quitté cette terre.

Je suis sûr qu’elle continue de garder ouverte la porte de son coeur, et qu’elle ne cesse de prier pour tous ceux et celles qu’elle a aimés et qui l’ont aimée : sa famille, ses proches et tous ces musulmans et musulmanes qui continuent de garder une place pour elle dans leur propre coeur.

Qu’elle repose en paix dans la joie de Dieu dont elle a si bien rayonné par toute sa vie !

Claude Rault. Evêque émérite de Ghardaia (Algérie).

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