En tant que citoyenne algérienne, je suis profondément convaincue qu’il n’existe pas de véritable liberté religieuse sans respect des croyances des autres. Mais le respect ne peut exister sans la connaissance. Pour respecter la religion de l’autre, il faut d’abord chercher à la comprendre, et cela passe nécessairement par la rencontre avec les personnes elles-mêmes. Derrière chaque croyance, il y a des hommes et des femmes, des histoires, des valeurs et une humanité partagée.
J’observe avec intérêt les efforts entrepris en Algérie pour renforcer ce que l’on appelle la « sécurité spirituelle ». À mes yeux, cette démarche se traduit par l’organisation de rencontres et de colloques réunissant des représentants de différentes religions. Ces initiatives sont essentielles, car elles permettent de promouvoir la culture du dialogue, de favoriser la compréhension mutuelle et de lutter contre les discours de haine et les formes de radicalisme.
La venue du Pope Léon 14 du 13 au 15 avril 2025 constitue, à mes yeux, un événement historique. Cette initiative, soutenue par le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune, reflète une volonté claire de promouvoir la culture du dialogue et de renforcer les ponts entre les religions et les peuples. Je considère cette démarche comme une décision politique pleine de sens et d’une grande profondeur.
En tant qu’Algérienne, je suis fière que mon pays continue de promouvoir les valeurs de tolérance, de coexistence et de respect des croyances. Entre son héritage historique et les défis du monde contemporain, l’Algérie peut offrir une expérience précieuse : celle d’un vivre-ensemble fondé sur la reconnaissance de l’autre et sur la conviction que le dialogue reste toujours le meilleur chemin vers la paix.
Le Pape est souvent perçu comme une voix morale mondiale capable d’encourager la fraternité et la paix, alors comme beaucoup de musulmans, je considère que sa venue dépasse la religion et en l’accueillant sur notre terre, nous accueillons un messager de paix. Pour moi sa venue est une preuve de respect de l’islam et du peuple algérien musulman. C’est un signe d’amitié envers les chrétiens du pays et un soutien aux petits communauté chrétiennes.
Ses discours débordent souvent sur la paix, la fraternité, la coexistence, la dignité humaine, la solidarité et la justice sociale. Pour cela, nous nous attendons à un message de paix et de fraternité entre les croyants plutôt qu’un message réservé aux chrétiens.
Nous espérons que sa visite renforce le dialogue interreligieux pour une meilleure compréhension entre musulmans et chrétiens, pour le rejet de l’extrémisme et pour un soutien aux valeurs humaines universelles.
En ces temps de tensions, de conflits, de divisions, nous avons besoin plus que jamais de ce genre de rencontres et de colloques.
Je suis sûre que sa visite portera une parole forte de respect et d’espérance non seulement pour l’Algérie mais aussi pour l’humanité toute entière.
Djamila
