La population algérienne est sympathique et accueillante

On entend souvent dire que la langue est difficile, qu’il faut du temps, voire des années, qu’il faut des moyens financiers etc. Sr Germaine nous apprend que l’âge compte tout comme la motivation. Voici son témoignage !

L’apprentissage de la culture et

de la langue arabe diminue les préjugés

Je suis Sœur Germaine CISSÉ, de nationalité malienne et Sœur de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso (SAB). Une congrégation présente à Alger aux Glycines et au Bon Pasteur à Constantine.

Le charisme de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso (SAB) est le Oui à Dieu de la Vierge Marie.   << Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole >> (Luc 1, 38). Le charisme d’une congrégation est toujours un don de Dieu fait à l’Eglise, au monde. Il est indissociable de la vie fraternelle. Les sœurs de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso participent à l’édification d’un monde meilleur à travers l’éducation scolaire, catéchétique, la santé, la promotion féminine et elle reste ouverte au besoin et à l’appel de l’Église à travers une formation diversifiée pour un service universel.

Mon parcours dans la vie religieuse, et mes activités se résument en ceci : Après quatre ans de formation à la vie religieuse (2012- 2015), j’ai été envoyée à Constantine pour une année pastorale de stage, c’était en 2015- 2016. J’étais responsable de l’entretien de l’Église et de la liturgie. Je travaillais également dans la bibliothèque Dilou deux fois par semaine pour l’accueil des étudiants et l’enregistrement des livres. J’intervenais aussi à l’hôpital (section pédiatrique) pour l’animation des enfants malades.

Je m’initiais à la langue Arabe Moderne avec le Père Michel Guillaud, et l’arabe Dialectal avec la Sœur Trees; une sœur Blanche. Je garde un très bon souvenir de cette année de stage. A son terme, je suis repartie au Burkina Faso. Je fus admise à prononcer mes premiers Vœux. Après la profession, j’ai été nommée dans la paroisse de Djibo, Diocèse de Dori; pour la gestion du Centre de Récupération et d’Éducation Nutritionnelle appelé (CREN). J’y travaillais en collaboration avec l’OCADES (structure de Caritas) à Dori au nord du Burkina. Le centre de santé, le district sanitaire de Djibo collabore avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Grâce à ces différentes structures on pouvait venir en aide aux femmes enceintes, celles qui allaitent et surtout les enfants de 0 à 5 ans malades et sous alimentés.

A mon retour au Burkina Faso après le stage, l’Algérie et son beau paysage me manquaient déjà, surtout mes collaborateurs. Par ailleurs le fait de n’avoir pas  maîtrisé la langue m’avait laissé sur ma soif. Mais, voici que contre toute attente, à la fin d’une année d’expérience pastorale au nord du Burkina, je fus de nouveau affectée en Algérie le 16 septembre 2017, mais cette fois-ci aux Glycines (Alger), et non à Constantine, avec deux autres sœurs  aînées.

Je travaille aux Glycines, Centre d’Études Diocésain, dans la section langue/ Arabe. C’est là que j’ai suivi régulièrement pendant un an un cours d’Arabe Dialectal aux Glycines et ensuite à Adrar au sud de l’Algérie. Avec ce peu de « bagages » que j’ai glané ici et là, j’ai commencé à enseigner l’arabe dès la deuxième année (niveaux 1 et 2 de la Méthode Kamal). Pour faciliter cette mission, en première année j’intervenais au Centre Culturel  Universitaire (CCU) section Sciences humaines pour me familariser avec cet enseignement. Dans cette même perspective, je me suis engagée à la Basilique Notre-Dame d’Afrique pour l’accueil des visiteurs et pèlerins venant d’Algérie et d’ailleurs. Cette année, je continue l’initiation en « Arabe Moderne » afin de renforcer le Dialectal.

Mes relations avec la population algérienne sont bonnes grâce à l’ouverture et au respect mutuels. Je découvre leur culture et comprends certaines pratiques et raisonnements. Ce sont des relations fraternelles voire amicales. La population algérienne est sympathique et accueillante, ce qui aide à parler sa langue. C’est une langue que j’aime bien, et je saisis toutes les opportunités pour l’apprendre. La conversation avec les gens, y compris les contacts en ligne, m’ont également beaucoup apporté.

La culture algérienne à laquelle je m’habitue de mieux en mieux, me fait réaliser avec grande émotion, la confiance que mes supérieures m’ont faite en m’y envoyant comme servante de l’Annonciation. La réalité de l’Algérie est très différente de ma culture d’origine, mais cette expérience m’aide en tant que religieuse SAB, à vivre de façon profonde ma consécration. Je m’initie au dialogue interreligieux, ce qui me permet de comprendre ce que les missionnaires ont vécu dans nos pays il y a plus de cent ans et aussi la présence précieuse de l’Église au Maghreb.

En outre, l’apprentissage de la culture et de la langue arabe diminue les préjugés  et établit progressivement un pont qui facilite les relations.

Par expérience, je crois que  pour apprendre l’arabe, il faut l’aimer;  avoir du temps pour s’y initier. Il es préférable de s’ouvrir à la population  et à la culture : rien de tel que la passion et la patience pour bien l’apprendre. Courage aux débutants en arabe et aux anciens qui baissent les bras.

Témoignage recueilli par

Rosalie SANON, SAB