Assise 2016: intervention de Mohammed Sammak

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Mohammad Sammak, conseiller politique du Grand Mufti du Liban, a rendu hommage au père Jacques Hamel, dimanche, 18 septembre 2016, à Assise, lors de la session inaugurale du rassemblement des religons pour la paix « Soif de paix », en ce 30e anniversaire de l’initiative de saint Jean-Paul II, le 27 octobre 1986.


S’adressant à Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, présent dans l’assemblée, et qui venait de parler en tenant devant lui la photo du père Hamel, il a affirmé que le père Jacques, assassiné le 26 juillet dernier, alors qu’il célébrait la messe, à Saint-Etienne-du-Rouvray, était considéré « comme une victime pas seulement pour votre Eglise mais pour l’humanité tout entière ».

Il a ausi rendu hommage au pape François. En soulignant qu’ « aucune religion n’est criminelle, mais qu’il y a des criminels dans toute les religions, le pape François s’est proposé comme leader spirituel pour l’humanité entière », a déclaré Mohammed Sammak, conseiller politique du Grand Mufti du Liban, intervenu à l’inauguration de la rencontre internationale Hommes et religions qui s’est ouvert à Assise, le 18 septembre.

Sammak a aussi décrit les hommes de Daech comme un « groupe de personnes vindicatives, désespérées et extrémistes qui ont détourné l’islam, pour l’utiliser à des fins meurtrières, alors que l’Islam – en faisant référence à la destruction d’églises et monastères en Syrie et en Irak -, interdit à quiconque d’utiliser les pierres d’une Eglise pour bâtir sa propre maison ».

Le conseiller a par ailleurs évoqué le souvenir du père jésuite italien disparu en Syrie, Paolo Dall’Oglio qui a « passé sa vie à servir musulmans et chrétiens en Syrie », et celui de l’évêque d’Alep, enlevé il y a trois ans, Mar Gregorios Yohanna Ibrahim, qu’il avait connu aux rencontres de prière pour la paix organisées par Sant’Egidio les années passées. Puis une pensée est allée au père Jacques Hamel, tué le 26 juillet dernier dans une église à la périphérie de Rouen, assurant que le prêtre français est « une victime » pour l’Eglise catholique, mais « également pour notre religion », a-t-il dit.

Enfin, Mohammed Sammak estime que « les relations entre personnes de différentes religions ne peuvent reposer ni sur l’élimination de l’autre – comme voudrait Daesh – ni sur la tolérance, mais sur une foi qui croit « au pluralisme et à la diversité, au respect des fondements idéologiques et intellectuels qui constituent la base de la diversité ». « La citoyenneté – a-t-il conclu – ne peut se baser sur la tolérance mais sur des droits ».