Les ateliers d’artisanat de Caritas

Vie de l'Eglise
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L’Atelier couture de Chevalley,
Un espace d’épanouissement

L’Atelier couture de ChevalleyElles sont des centaines de femmes à avoir bénéficié de l’atelier de couture de Chevalley animé par les Sœurs Salésiennes. Depuis 2001, date de leur installation en Algérie et de la mise en œuvre de ce projet, la vocation de ces sœurs dévouées à la formation professionnelle a trouvé son plein sens : former les femmes et leur offrir en même temps un espace d’épanouissement personnel.

Il règne une atmosphère bon enfant dans l’atelier artisanal, adossé à la mosquée El Arkam de Chevalley. En ce mercredi d’accueil des 2ème Année de formation en couture, dès 13 heures, une vingtaine de femmes prend place peu à peu dans l’espace occupé par de grandes tables de travail, des machines à coudre et autre matériel adéquat. A peu près toutes les catégories sociales y sont présentes, quoique « une attention plus prononcée » est quand même portée aux plus démunies, pour leur offrir une perspective de travail et d’autonomie qui leur permettra de s’en sortir », précise Sr Henriette qui anime avec beaucoup de douceur la formation de cette joyeuse assemblée. 

Le programme comprend trois années de formation sanctionnées par une attestation de participation. Les plus douées et les plus déterminées poursuivent une formation supplémentaire de deux années qui leur permet l’accès à l’examen d’obtention, en cas de succès, de l’attestation Caritas. Ce diplôme ouvre grand les portes du travail car il est synonyme d’un professionnalisme de valeur pour sa détentrice reconnue en qualité de couturière en bonne et due forme. « Cette formation de 5 ans est si réputée, que des diplômées de couture d’établissements publics viennent parfaire ici leur apprentissage pour être complètement autonomes », constate fièrement Sr Henriette.

L'Atelier couture de ChavalleyCependant, toutes les femmes inscrites à ce programme n’aboutissent pas forcément à ce stade de formation, car les motivations qui les ont amenées à s’y inscrire sont très diverses. Il y a certes celles qui entendent acquérir un métier à l’exemple de Bossa, réfugiée subsaharienne en Algérie depuis dix ans, à qui cet apprentissage « sera utile quelque soit le pays où je vivrai, sans compter que la bonne ambiance qui règne ici me soulage de mes soucis » lance-t-elle dans un grand sourire !.

Il y a également pas mal de retraitées qui ont à présent le temps de se consacrer à la couture, une passion trop longtemps négligée. Sans compter celles qui souhaitent être utiles à elles-mêmes et à leurs familles par l’acquisition des notions essentielles de couture. Des étudiantes rejoignent aussi cette formation et réussissent à s’insérer dans les groupes aux horaires qui les arrangent.

L’Atelier couture de ChevalleyLe bonheur de Sr Henriette s’accomplit quand certaines de ses élèves réussissent à se réaliser à travers ce métier patiemment transmis, à ouvrir leur atelier ou à devenir formatrices à leur tour, dont certaines l’assistent quotidiennement dans sa tâche d’éducatrice. Quelques élèves démunies sont autorisées à proposer les produits de leur apprentissage à la vente lors des expositions, « cela les aide à avoir confiance en elles », relève-t-elle avec satisfaction.

On l’aura compris, tous les âges sont représentés dans l’atelier de Sr Henriette : depuis les jeunes filles exclues du système scolaire aux retraitées en passant par les naufragées sociales de la vie en quête de sauvetage et qui trouvent ici aussi un espace d’écoute, de soutien, de convivialité et de tolérance. « Quand les femmes en expriment le besoin, nous organisons des sorties ou des rencontres avec une psychologue pour leur donner l’occasion de partager par la parole, l’écoute… » raconte Sr Henriette qui accorde « au vivre ensemble » des vertus capitales qui favorisent l’acceptation, le respect de l’autre, un enrichissement des unes avec les autres. « Ma grande joie est que je reçois beaucoup de ces femmes, c’est un échange permanent grâce aux fêtes religieuses ou familiales et aux diverses occasions ».

Samia Khorsi

Extrait de la revue Hayat N°240