Journées Nationales : Caritas au cœur de l’action

Vie de l'Eglise
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Pendant deux journées, l’esprit Caritas a circulé et a réaffirmé une fois de plus sa mission commune et le point focal de son travail qui est le service du bien commun et avec cette bienveillance à l’écoute des autres en transcendant les appartenances religieuses.

C’est dire que la rencontre était importante comme le soulignait Paul Defarges lors de son discours inaugural où « l’important est d’être ensemble, de prendre sa joie dans l’autre » en se démarquant du fait que Caritas dépassait le cadre d’une association classique pour être une grande famille , une grande œuvre ayant pour ultime finalité « servir l’humain » « servir les pauvres ,les nécessiteux nous fait tous grandir, devenir humains…».

L’esprit Caritas

L’esprit Caritas, « c’est aussi cet amour universel auquel participe toute personne au-delà des religions » largement corroboré par le document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune signé à Abou Dabi le 04 février 2019 donné en lecture à l’assistance venue nombreuse à ces journées nationales où musulmans et chrétiens ont confrontées leur expérience, nourrit l’esprit Caritas lors des groupes de paroles; le souffle y était ; il a continué de se propager dans la salle en exprimant cette fraternité humaine où « la foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer ». C’est dans cet esprit que nous a gratifié P. Hubert le

Bouquin dans son intervention sur « la Caritas au cœur de la vie de l’église » en citant le cardinal Duval qui déclarait « que la foi est essentiellement une œuvre d’amour… l’amour pour dieu tout d’abord et l’amour fraternel …essence de tout témoignage de foi ». Pour étayer au mieux son argumentaire P .Hubert le Bouquin est parti de l’évangile de Marc (12, 28,31) où les commandements recommandent « d’aimer le Seigneur, Dieu de tout son cœur de toute sa pensée et de toute sa force » et aussi « d’aimer son prochain comme soi-même ». Mais dans cette quête d’amour l’on ne peut se dissocier de l’écoute « on écoute Dieu comme on écoute ses frères en humanité, comme on écoute le peuple, celui auquel le seigneur nous a mis en alliance. La compassion qui nous est donnée accompagne nécessairement cette écoute. Lors des débats et des rendus des groupes de paroles la perception de l’écoute empruntait différentes voies mais le consensus y était. Il s’agit « d’écouter tous, d’écouter les Vies du Diocèse bénéficiaires, donner la priorité à ceux qui ne sont pas écoutés d’ordinaire, écouter les besoins, les angoisses, les questions sur la foi, écouter sans juger avec bienveillance,… ». L’écoute serait donc à la base de toute action.

La transgression des interdits

La transgression des interdits inscrite au débat peut survenir dans l’appel à la charité où les barrières législatives, sociales, culturelles et religieuses peuvent se dresser. Faut-il s’interdire d’entendre ? D’agir ? Parfois elle est incontournable, l’exemple de l’aide aux migrants est édifiant. La prise de risque est donc nécessaire, l’élan du cœur dépasse la raison. Le samaritain de la parabole de Luc racontée par P. Hubert le Bouquin en est une véritable illustration.

Moyens et efficacité

La dernière question au cœur des débats a soulevé celle des moyens et de l’efficacité. Des éléments de réponse sont apparus et l’expérience du travail autour des enfants avec handicap et leurs familles à Ghardaïa (sud de l’Algérie) où un documentaire a été réalisé et projeté lors de la deuxième journée nationale, a prouvé toute l’ingéniosité de l’équipe en charge pour faire face aux faibles moyens. L’appareillage coûte cher, aussi des attelles de genou ont été fabriquées avec les moyens de bord. Expériences , témoignages se sont succédé sur les différences actions de Caritas menées à travers le territoire national notamment à Constantine pour la bibliothèque Dilou, le centre Nibras ,le pôle de Gérontologie et la formation des Auxiliaires de vie à Alger, la petite enfance à Alger et d’autres villes ont prouvé une diversité et une importance des actions qui restent à consolider. Deux belles journées clôturées par la projection d’un concert prônant la fraternité

suite à un beau moment de dialogue inter -religieux. Dans ce temps de connaissance de soi et des autres, c’est une véritable expérimentation de l’esprit Caritas qui a respiré et nous permet d’espérer.

Dalila ZIANI

Extrait de « Rencontres » mai 2019