Décès du P. Jean Fisset, père blanc

Jean Fisset, père blanc

Vie de l'Eglise
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Le P. Jean Fisset, père blanc, et grand berbérisant vient de décéder.

CHEMINS DE VIE AU MAGHREB

Jean Fisset est originaire de Normandie; troisième de sept enfants, son père était notaire à Lyons-la-Forêt, dans l'Eure. Aujourd'hui il réside à Maisons-Alfort en "immigré" après plus d'un demi-siècle vécu en Algérie. Il porte un regard sur ces années.
Elle parut étrange à mon entourage l'idée qui avait mûri dans mon esprit durant les dernières années de mes études secondaires en 1940-1941 et qui était d'aller vivre ma foi au delà du milieu chrétien dans lequel j'avais baigné et grandi.

Dans le sillage de Charles de Foucauld

La personnalité du Père de Foucauld ne fut pas étrangère à cette orientation. Sa biographie, écrite par René Bazin, orienta mon esprit vers l'Afrique du Nord. L'influence de la Jeunesse Etudiante Chrétienne à laquelle j'ai appartenu durant deux années y ajouta la dimension proprement spirituelle d'un appel de Dieu.

C'est vrai, sans que je puisse expliquer pourquoi, j'éprouvais le désir d'un horizon plus large, plus précisément, celui d'un milieu de vie musulman.
De l'islam, je ne connaissais encore que peu de choses; mais bien des aspects de sa vie religieuse suscitaient mon admiration. L'attrait qu'il éveilla en moi avec une part de rêve m'orienta vers la Société des Missionnaires d'Afrique dite des "Pères Blancs", car je savais qu'elle était née de la rencontre de l'Eglise avec l'islam du Maghreb, à preuve l'habit religieux qui les caractérisait.

Que les "païens" deviennent une offrande agréable à Dieu"

Après coup, j'ai découvert chez Saint Paul dans sa lettre aux Romains (15,16) la formulation qui exprime ce que je percevais alors confusément. Il définit sa vocation en se présentant comme "Apôtre…serviteur de l'Evangile pour que les "païens", sanctifiés par l'Esprit Saint, deviennent une offrande agréable à Dieu". Si c'était vrai pour les "païens" de son époque, ce devait être plus vrai pour les croyants de l'islam, aujourd'hui encore. J'avais comme le sentiment qu'il y avait un chemin à parcourir ensemble, avec eux.

Cette option intérieure m'incita à apprendre la langue arabe dès avant mon entrée au noviciat à Tournus en 1943. J'éprouvais un désir grandissant d'en connaître les secrets pour être à même de découvrir de l'intérieur le monde culturel qu'elle incarne. Cela se confirma par la suite en constatant sur le terrain, lors de mon scolasticat à Thibar en Tunisie, à quel point elle donne accès à la sensibilité profonde de ceux qui la parlent, spécialement en milieu populaire. "Celui qui apprend la langue des gens devient l'un d'entre eux", selon un dicton arabe.
Divers signes me donnaient à penser que j'étais bien dans la voie que le Seigneur me traçait. Le dernier fut évidemment ma nomination en Algérie au lendemain de mon ordination sacerdotale en 1948. Mon rêve devenait réalité. Parmi les aspects les plus marquants de mon parcours, je retiens:

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Père Jean Fisset 70ans de Serment Missionnaire 28/06/1947 - 25/06/2017

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Source : http://peresblancs.org/