La session nouveaux arrivants 2019

Vie de l'Eglise
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 Du vendredi 11 au mercredi 16 janvier, à Alger maison diocésaine, elle a réuni dix-sept participants accompagnés par Valérie Kaboré (smnda Alger) et Michael Sexton (fms Mostaganem).

J’ai apprécié cette session d’accueil d’une part parce qu’elle exprime le soin que l’Église en Algérie prend pour les nouveaux venus dans la mission, d’autre part parce qu’elle met ces nouveaux venus en situation de se laisser déplacer par l’expérience de la découverte et de la rencontre de l’autre, enfin parce qu’elle suscite un « réseau » de fraternité et de soutien entre ceux qui commencent ensemble.

Magnifique programme de sensibilisation aux diverses approches de l’Algérie avec des intervenants expérimentés et disponibles à toutes les questions : découverte de l’histoire économique politique de l’Algérie et de la présence chrétienne dans ce pays avec Jean Toussaint (Tlemcen) ; l’islam et les musulmans en Algérie avec Chantal Vankalck (responsable des Glycines) ; les orientations pastorales avec Mgr Paul Desfarges et Christophe Ravanel (vicaire général et responsable du centre spirituel Ben Smen) à partir de la lettre pastorale de la CERNA « Serviteurs de l’Espérance ». Une journée au monastère Notre Dame de l’Atlas à Tibhirine sous la neige (la veille nous avions regardé le film « Des hommes et des dieux ») accueillis par Yves Raymond, P. Bruno Vuillaume et Félicité Moizard de la communauté du Chemin Neuf. Pèlerinage dans Alger à la découverte de quelques lieux significatifs, accueillis par leurs responsables comme la cathédrale, l’évêché, Caritas, le Centre Culturel Universitaire, le Centre d’Information et de Documentation sur les Droits de l’Enfant et de la Femme, le Bastion 23 et, passant par la mosquée Ketchoua, nous montons (en bus) jusqu’à la basilique Notre-Dame d’Afrique où nous avons été reçus par les témoins, Sœur Lourdès pour les Augustines missionnaires (dont faisaient partie les bienheureuses sœurs Esther et Caridad) et le P. José-Maria Cantal Rivas pour les Pères blancs. Le vendredi, nous étions répartis pour déjeuner dans les différentes communautés d’Alger et le samedi soir avec Aïcha et ses amis anciens étudiants et membres du CCU, après leur témoignage d’expérience d’ouverture, de rencontre de la diversité, vécue au sein de ce Centre, nous avons fêté Yennayer.

Un des moments probablement le plus interpellant a été la rencontre avec le Père Théoneste Bazarikana dont la vocation presbytérale, née dans son village au Rwanda, s’est trouvée confirmée à Constantine alors qu’il était étudiant, puis au travail comme ingénieur électronicien. Lui et d’autres témoins dans des situations très différentes nous ont mis devant notre propre vocation. Nous, ces « nouveaux arrivants en Algérie » qui « avons choisi » ou « avons été choisis » ou « avons choisi de choisir » (selon les expressions des uns et des autres) de venir en Algérie pour servir les hommes, les femmes, les enfants de ce pays, pour servir en Église le Christ présent en chacun.

Personnellement la fête du baptême de Jésus m’a invité à vivre cette session comme un retour aux sources de notre baptême-confirmation. Jean-Baptiste baptise dans les eaux du Jourdain ; avec Jésus, nous plongeons vers l’autre rive. Jésus au milieu de son peuple en attente… Nous sommes envoyés « solidaires des attentes du peuple algérien ». Au-dessus de Jésus, le ciel s’ouvre pour nous proposer une rencontre en Jésus avec Dieu dans l’Esprit… Nous sommes envoyés « hommes et femmes de rencontre » avec celles et ceux qui sont sur notre route. En Jésus, le Père met toute sa joie… Nous sommes envoyés « porteurs d’une joie que rien ni personne ne pourra nous ravir ». Les 19 bienheureux de l’Algérie ne sont pas venus en Algérie pour baptiser mais pour vivre leur baptême. Ils ont vécu leur vie chrétienne jusqu’à l’union au Christ qui donne sa vie par amour pour le salut du monde. Nous leur confions nos prières, puissions-nous persévérer et inventer dans la mission.

Cette session m’a fait vivre une expérience tout à fait inédite pour moi. Dans mon diocèse de France, je crois avoir une certaine expérience de l’accueil de religieuses et de prêtres venant du monde entier. Ici je me trouve seul français (nous étions cinq européens) accueilli parmi des laïcs, religieuses, prêtres venus du sud de l’hémisphère en mission en Algérie. Une situation qui me fait vivre un déplacement bénéfique en cette année sabbatique.

Je me réjouis de la joie, du courage et de la foi des jeunes missionnaires nouveaux arrivants. J’espère que chacun d'entre nous, quelle que soit la durée de sa présence ici, ne sera jamais un « arrivé » (habitué) en Algérie ! Les réflexions que nous avons pu partager à partir des apports des intervenants, témoins, accueillants, ouvrent devant nous des perspectives de fond pour l’Église en Algérie et d'une certaine façon partout ailleurs...

Marc Lulle