Claude Gamble, Focolarino a rejoint sa dernière demeure

Claude Gamble

Témoins
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Cinquante ans de vie au Focolare notamment en Afrique dont vingt au Maroc et quatre années en Algérie, Tlemcen, Alger; un parcours hors-norme dans le dialogue.

Claude GAMBLE
(19 janvier 1946 - 19 novembre 2019)

Claude GambleNotre cher Claude s'en est allé,  discrètement, le mardi 19 novembre au matin, à Loppiano près de Florence en Italie où il se trouvait depuis une semaine environ. C'est là qu'ont eu lieu ses obsèques le jeudi 21 novembre à 14h. J'ai pu m'y rendre, accompagné d’un ami italien de Turin qui  le connaissait très bien.

Mis à part quelques brefs séjours, Claude n' a pratiquement plus vécu dans son pays (la France) depuis son entrée en focolare. Les membres du Mouvement en France ne le connaissent pas vraiment, sauf les focolarini et les focolarines.  C'était quelqu'un de discret, mais qui laisse un souvenir incroyable dans le cœur de nombreuses personnes, surtout sur le continent africain. Lors de ses funérailles, j’ai eu le sentiment de représenter tous ses amis du Maghreb, mais aussi de tous les français (es) qui vivent en focolare un peu partout dans le monde.

Claude avait donc  quitté Alger pour raisons de santé le 24 novembre 2018, pour aller vivre dans un focolare médicalisé (Villa Achille), à Rocca di Papa, à 30 kms de Rome. Tout au long de cette dernière année les médecins avaient cherché la cause de son hypotension chronique, mais sans résultats probants: aucune pathologie virale, bactérienne ou autre. Côté cœur rien d'anormal.  Il était néanmoins physiquement de plus en plus faible et fatigué, et de ce fait souvent sur un fauteuil roulant. Je lui téléphonais régulièrement et je retrouvais un Claude, conscient de son état, mais toujours actif spirituellement, toujours en lien avec son entourage et ses  amis, proches ou lointains, à qui il envoyait chaque matin le "mot du jour", accompagné d’un bref commentaire.

Tout récemment il avait rejoint la cité-pilote de Loppiano pour bénéficier de la même assistance sanitaire.Le lundi 18 novembre, veille de son départ, rien ne laissait penser que ses heures étaient comptées: il a communiqué normalement par téléphone avec Ivano;  le soir  il a regardé un match de foot avec son focolare. Le mardi matin, comme à l'ordinaire, il a pris son petit déjeuner dans sa chambre et il est resté au lit vu qu'il s'était couché tard. Il s'est alors endormi sur le côté et c'est dans cette même position qu'on l'a retrouvé environ deux heures après. Les médecins ont diagnostiqué un infarctus. Il est donc parti dans son sommeil, son visage est resté serein  et ne présentait aucune trace de souffrance.

Claude GambleCe départ a surpris tous ses proches et amis. Depuis un an qu'il avait quitté notre quartier d' El Mouradia à Alger, il ne se passait pas trois jours sans que les gens qui l'avaient connu nous demandent de ses nouvelles. Tous nous ont témoigné  sympathie et amitié, mais surtout ils tenaient à nous dire que  Claude était pour eux un frère, un ami. Ils appréciaient sa disponibilité, ses marques d'attention. Certains ont même demandé qu'on fasse une veillée  en sa mémoire. On verra comment répondre à cette attente, car le jour de son décès, nous étions tous en train de nous préparer pour une rencontre  à Tlemcen avec tous nos proches amis algériens autour du thème de l'année: Dieu présent au milieu de nous.

La messe de funérailles a eu lieu au Sanctuaire dédié à Marie Théotokos à Loppiano, en présence de sa sœur Colette et de son frère Olivier, tous deux de la paroisse St François Xavier à Paris: ils m'ont chargé, au nom de toute leur famille, de remercier tous ceux qui ont prié pour Claude et ont témoigné leur soutien en cette occasion. Il y avait aussi de nombreux habitants de cette Cité pilote où Claude avait fait sa formation. Atmosphère très recueillie, temps pluvieux et gris, mais le soleil s'est montré juste au moment de son ensevelissement dans le petit cimetière.

Les années que j'ai passées avec Claude m'ont profondément marqué: une unité profonde s'est créée, d'abord au Maroc où nous n'étions que tous les deux pendant un an, puis à Alger où nous partagions le même bureau. A travers ses récits et expériences j'ai voyagé dans toute l'Afrique. L'inculturation était son leit-motiv. Il ne laissait pas les choses ni les personnes telles quelles : il labourait le champ des relations personnelles et ne se contentait pas d'une simple patine! En témoignent les nombreux fruits qu'il laisse au Cameroun, en côte d'Ivoire, au Maroc, en Algérie, au Liban, en Italie, en France et dans le monde entier.

Ci-joint le lien d'une vidéo privée (15’) réalisée par Fabio Bertagnin , où Claude parle de sa façon de vivre le dialogue: https://youtu.be/60mC5O_wx8M

 

Jean-Louis Maréchal