Pax & Concordia : témoins

Maurice Borrmans, prof du moine de Tibhirine Christian de Chergé, est mort

Témoins
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Je trouve ce soir en ouvrant internet des messages de John MacWilliam, Michael O'Sullivan et d'autres amis encore m'informant du décès du P. Maurice Borrmans aujourd'hui 26 décembre à Bry.

regardsLa propagation rapide de cette nouvelle entre ses anciens étudiants me dit quelque chose de la marque qu'il a eu sur nous et sur des générations.
C'était sa rigueur, celle qu'il s'imposait à lui-même en travailleur acharné, et qu'il attendait de nous, dans l'étude attentive de la tradition de l'autre, de la foi et la tradition musulmane. C'était en même temps sa foi, et sa réflexion sur les interpellations venant de la rencontre. C'était aussi sa droiture. M'a marquée aussi sa fidélité, manifestée notamment dans la conduite de la revue Islamochristiana pendant des décennies, et ensuite par la manière dont il a rendu hommage dans ses années de "retraite" à quelques amis, grands témoins du dialogue islamo-chrétien, par des publications reprenant notamment des correspondances qu'il avait conservées : Mulla Zade et Jean-Mohamed Abdeljalil, Louis Gardet, Christian de Chergé, ...
En pensant à lui ce soir me reviennent ces paroles de François à El-Azhar au Caire le 28 avril de cette année, reprises dans ses vœux à la curie le 21 décembre dernier :


Le dialogue est bâti sur trois orientations fondamentales : le devoir de l’identité, le courage de l’altérité et la sincérité des intentions.
Le devoir de l’identité, car on ne peut pas bâtir un vrai dialogue sur l’ambiguïté ou en sacrifiant le bien pour plaire à l’autre. Le courage de l’altérité, car celui qui est différent de moi, culturellement ou religieusement, ne doit pas être vu et traité comme un ennemi, mais accueilli comme un compagnon de route, avec la ferme conviction que le bien de chacun réside dans le bien de tous ; la sincérité des intentions, car le dialogue en tant qu’expression authentique de l’humain n’est pas une stratégie pour réaliser des objectifs secondaires mais un chemin de vérité, qui mérite d’être patiemment entrepris pour transformer la compétition en collaboration.

Qu'il repose en paix !
Bien fraternellement,
Michel Guillaud