Pax & Concordia : témoins

Tlemcen 2017 : à la Mariapolis on respire, on vit !

Témoins
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Tlemcen a accueilli pour la 32ème fois la mariapolis en terre algérienne. Cet été environ 30 rassemblements de ce type se sont déroulés autour de la méditerranée, dont 7 en pays musulmans.
regards160 personnes se sont donc rendues à Tlemcen du 4 au 9 juillet dernier. Une majorité de jeunes âgés de 17 à 35 ans, parmi eux des « nouveaux », invités par leurs amis, des familles… en provenance de diverses villes du Pays : Oran, Alger, Sidi Bel Abbès, Béni Abbès, et bien sûr Tlemcen. Sans oublier quelques-uns venus de Paris, Tunis, Abidjan.
08112017 mariapolis 01Chaque année il s’agit de comprendre ce que grands et petits attendent. Le public d’une mariapolis est en effet très diversifié et chacun doit s’y trouver à l’aise, mais c’est un pari qui n’est jamais gagné d’avance : en effet l’objectif consiste à tisser ensemble des liens de fraternité tels que chacun puisse toucher ce bout de Ciel qui éclaire nos vies si nous décidons de faire table rase de tout pour laisser Dieu vivre au milieu de nous.
Cette année le thème retenu était pour le moins ardu : nos épreuves et nos souffrances, personnelles ou collectives, comment les vivre ? L’éclairage de Farouk Mesli, qui a mis en valeur les sourates du Coran qui invitent à les vivre avec patience et dans la confiance en Dieu, nous a d’emblée plongés dans ce mystère. L’accent a aussi été mis sur « Le moment de ce grand, de cet immense “pourquoi” que Jésus a adressé à Dieu avant de mourir, dans ce cri mystérieux : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" » (Chiara Lubich). Impressionnante l’écoute des participants. C’est avec profondeur et simplicité qu’ils accueillent ce point essentiel de la spiritualité de l’unité. A commencer par les jeunes. L’unité ne peut être le monopole d’un groupe, ni même d’une religion. C’est avant tout une question d’âme, une conversion du cœur à chaque instant. Voilà qui balaie bien des préjugés et des complications. Du coup, à la mariapolis, on respire, on vit, on partage : Dieu n’est plus un objet cultuel ni même religieux, il se fait proche, car là où il y a la charité et l’amour, il y a Dieu. « Cet amour - précise Chiara Lubich - nous nous sommes efforcés de l’avoir toujours entre nous, en nous remettant toujours à le vivre – je ne vous dis pas combien cela a été difficile, combien il nous a fallu mourir à nous-mêmes ! - Mais Dieu était au milieu de nous ! » On n’oubliera pas le témoignage de ce couple qui a retrouvé joie et fraîcheur d’âme en ne craignant pas d’affronter ses difficultés, ni celui de ce jeune activement présent jusqu’au dernier souffle de son papa éprouvé puis emporté par la maladie.
08112017 mariapolis 02Les jeunes ont été cette année les artisans et les protagonistes de ce séjour. Chacune des journées a été animée par un groupe : les focolares, les familles, les jeunes, les adultes engagés dans la société… tous conscients d’être porteurs de cette unité vécue sous toutes les latitudes. Les jeunes se sont investis comme jamais : organisation du grand jeu le premier après-midi, ateliers thématiques sous forme ludique, sans oublier la grande veillée du dernier soir. Des amis de Tlemcen sont venus rejoindre la fête : succession de sketches, de chants, de jeux…sous le regard attentif de deux dromadaires qui, après une entrée triomphale, se sont paisiblement accroupis sous les feux de la rampe, immobiles pendant les deux heures de spectacle !

Jean-Louis Maréchal (Focolare d’Alger) Tiré de la revue « Rencontre » octobre 2017