Taizé -Tlemcem : « Ta peine ma peine, ta joie ma joie »

Taizé Tlemcen
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Comme à son accoutumé Taizé Tlemcen adopte un thème. C’est pourquoi il n’a point dérogé à la règle cette année en adoptant comme thème directeur celui-ci : « Ta peine ma peine, ta joie ma joie ».

Un thème aussi poignant, accrocheur qu’évocateur. Évocateur d’une ambiance des plus chaleureuses. Comment peut-on partager non seulement la joie, mais aussi la peine de quelqu’un ? Ceci sonne faux pour le commun des mortels. On préfère partager la joie des autres, mais quand il s’agit de leur peine, on préfère bien souvent le leur laisser, en se disant que ce ne sont guère nos oignons.

Cependant, le thème de cette année nous proposait le contraire. Les questions que je me posais au début de cette aventure en tant que membre de la Communauté Provisoire de Taizé en Algérie étaient les suivantes : « Serais-je à même de répondre aux attentes des participants, pourrions-nous vivre le thème malgré sa complexité, saurions-nous dénicher sa quintessence ? »

Dès le début de la première session, il s’était agi pour nous d’accueillir mais aussi d’installer tout ce beau monde majoritairement constitué d’étudiants sub-sahariens et de quelques religieux et religieuses chargées de nous accompagner spirituellement. Très vite, on s’affairait par ci et par là, des éplucheurs de légumes aux cuisiniers, des choristes aux liturgistes, de ceux chargés de l’accueil aux secrétaires en passant par le clocher et le point five. Tous étaient à pieds d’œuvre afin que la semaine se déroule des plus belle.

Taizé à mon sens est un univers particulier, paradisiaque, un lieu chaleureux propice pour la rencontre de l’autre et de Dieu. Dans nos routines individuelles, nous nous délectons de choses qui nous importent beaucoup à savoir les études, nos relations sur les réseaux sociaux, etc… tout en oubliant l’essentiel. J’avais coutume de croire que faire la vaisselle, éplucher les légumes étaient les corvées qu’il fallait éviter à tout prix. Cependant à Taizé Tlemcen, on a hâte d’empoigner une éponge pour mettre au propre les couverts, les assiettes ; d’empoigner un couteau pour éplucher les légumes pour les cuisiniers au rythme des chants divers. C’est les moments des rencontres et de discussions, comme durant les partages en groupes, avec des personnes d’origines divers. C’est également le moment où l’on voit les participants vivre le thème de Taizé. Aucune tâche n’est accomplie individuellement. Et comme on le dit « l’union fait la force. » De même, par le simple fait de prêter une oreille attentive à l’autre, on arrive un tant soit peu à apaiser sa peine, à le décharger de son fardeau.

Dans Matthieu 4:4, Jésus dit: « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Taizé est avant toute chose un lieu de prière, de méditation de la parole de Dieu. Les prières sont voulues des plus accessibles à tel point que les chants ne dépassent pas en moyenne deux phrases. C’est une expérience extraordinaire, car à force de répétition ces phrases prennent vie en nous et nous transfigurent. Extrêmement difficile est-il de quitter Taizé en n’étant pas néophyte.

Durant les sessions de Taizé de cette année, on nota une innovation majeure qui consista à observer le silence durant toute la journée du vendredi. Depuis ma première participation à Taizé, le silence n’a jamais cessé d’être mon moment préféré non seulement pour me recueillir mais aussi pour écouter l’appel de Dieu. L’expérience de cette année était le summum d’autant plus que certains participants ont suggéré d’ajouter une journée en plus.

Taizé est une expérience que tout un chacun doit vivre. Il faudrait tout un livre pour être exhaustif dans l’explication de l’expérience qu’on y vit. De par sa volonté de simplicité, de symbiose et de rassemblement, la prière Taizé se transfigure en un miroir où tout chrétien peut s’identifier. D’où son caractère œcuménique. Ici à Tlemcen, j’ai fait la rencontre de plusieurs étudiants chrétiens de congrégations divers, toute chose qui pour moi est un pas de plus vers une église unique et universelle. Je ne saurai terminer sans évoquer les diverses activités qui m’ont marqué tant leur apport pédagogique et « serendipique » étaient incommensurables ; tel le workshop de frère Bernard et des étudiants qui ont fait Taizé France, la journée sportive, le super Oyak et la soirée des nations.

 


OUEDRAOGO ISMAEL FREDERIC
Étudiant Burkinabè, Université de Tlemcen
Master de Littérature et Civilisation


UN BOUT DE PARADIS
Taizé Tlemcen 2018
Ta joie ma joie, ta peine ma peine !

 


Un bout de paradis déposé par pure grâce sur terre, de la part de Dieu, des cœurs qui s’unissent, des âmes qui regardent dans la même direction, des voix qui s’élèvent un peu maladroitement avec hésitation et intimidation mais qui ne peuvent s’empêcher de s’élever tant celui qui les interpelle est éblouissant, tant leur amour, parfois à peine naissant pour Jésus est plus fort que leur peur de chanter hors gamme ou encore d’être jugé comme ils se jugent eux-mêmes.

Des petits bébés, des enfants, des jeunes adolescents, des adultes, des personnes âgées, des couples, des mères, des pères, des familles entières toutes race, pays et cultures confondues, se découvrant une autre façon et pourtant commune d’aimer et de se passionner pour le Christ, cette nouvelle façon d’aimer Jésus, je l’appelle : L'Amour chanté dans le Silence du Cœur.

Des âmes qui pendant une ou deux semaines travaillent consciemment ou inconsciemment à redevenir des enfants courant vers Jésus. De la quiétude, l’Amour de Dieu partagé volontairement comme involontairement, l’apprentissage à reconnaitre chez l’autre cette part de nous et donc à apprendre à nous accepter et à nous aimer en acceptant et en aimant l’autre, voilà ce que c’est que TAIZE pour moi.

Chacun a un rôle à jouer et le rôle de chacun est de se laisser guider par Dieu dans SA façon à Lui d’aimer. Taizé nous apprend à concentrer nos peines, nos émotions, nos questions, nos convictions, nos inquiétudes, notre tout en un point et un seul, JESUS. Et Jésus transforme tout ce que nous sommes en un Amour vrai qui ne demande qu’à être donné. Ce travail étant opéré en chaque personne qui, en venant à Taizé décide de se laisser toucher par Dieu, l’Amour prend le pas sur tout et se propage dans tout Taizé, et c’est ainsi qu’une famille est née et restera unie pour toujours. 

 

Elsa Yasmine Fatime Keïta