Pax & Concordia : société

Confinement témoignage

Société
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Le confinement porte à réflexion...avec ce conte . Nous sommes en avril 2050!

Avril 2050

Un grand-père raconte à son petit-fils né en 2044.


Grand-Père : " Sais-tu Jules qu'il y a tant d'années, il y a eu une grande pandémie en 2020 ?"
Jules : " Qu ' est-ce qu'une pandémie grand-père ?"
G.: " C 'était une maladie qui s'est répandue partout dans le monde. Certains mouraient. Il y avait une grande peur, tout le monde était enfermé à la maison par crainte d’être attaqué par le virus, le virus « corona » tel est le nom qu’ils lui ont donné.

La planète avait pris une mauvaise direction les années précédentes : presque tout était déterminé par l'argent, on courait comme des forcenés pour en avoir un peu ou beaucoup, quelques-uns avaient accumulé des sommes folles. Les pauvres devenaient de plus en plus pauvres et les quelques riches prenaient tout.
La planète en souffrait et sa fièvre montait. Il n'y avait pas de problème, on exploitait ses richesses sans vouloir en laisser un peu à vous qui seriez nés plus tard. Ils voulaient tout prendre et tout de suite.
Il y avait des pays pauvres et d'autres riches, même si des riches et des pauvres il y en avait partout. Mais beaucoup de gens avaient perdu la capacité de ressentir la douleur des autres, ils étaient devenus égoïste, ils ne pensaient qu'à eux-mêmes et à leur famille.
Et puis on achetait, on achetait, on achetait beaucoup de choses inutiles et devine où nous en étions, on utilisait encore du plastique et on le jetait à la poubelle. Les mers se couvraient d'îles en plastique, les poissons et les animaux mouraient.
Je ne te parle pas des armes nucléaires, ils en étaient encore là. Ils ne pensaient pas qu'avec quelques-unes de ces bombes on pouvait détruire la planète et il y en avait des milliers !"

J.: " Mais ils étaient un peu bizarres. Toi aussi grand-père tu étais comme ça ".
Grand-père : " Tu sais Jules, je voyais que ce n'était pas bon, mais on aurait dit qu'on ne pouvait rien faire ! C 'est-ce que pensaient beaucoup de gens.
Il y avait des gens qui essayaient de faire quelque chose mais ça ressemblait toujours à une goutte dans l’océan. J’essayais aussi de le faire, mais ça semblait très difficile de changer le monde. Jusqu’à ce que la pandémie du coronavirus arrive.

Quand tout le monde devait rester enfermé à la maison, on ne savait pas quoi faire, mais on entendait les infos toute la journée et la panique grandissait. On a commencé à appeler des amis, même des amis à qui on n'avait pas parlé depuis des années. Ils vivaient la même situation et peu à peu, un courant d'empathie a commencé à circuler.
Jules : Qu’est-ce que l'empathie ?"
Grand-père : ça veut dire entendre, ressentir ce que les autres ressentent. Un mot plus beau et plus facile serait le mot amour. Mais pour aimer, il ne suffit pas de sentir ce que ressentent les autres c'est la première étape, mais il en faut plus : il faut faire quelque chose pour eux
En effet, c'est venu plus tard : avec les voisins de copropriété, on commençait à se saluer à distance depuis les balcons. Certains priaient ensemble dans les escaliers d'immeubles. On se sentait dans le même bateau. Beaucoup ont commencé à prier plus et ensemble. On était connecté à la télé ou d'autres moyens d'alors.
Puis on a commencé à s'aider pour les courses, pour aller à la pharmacie, surtout pour les personnes âgées et handicapées, tout en gardant une certaine distance de sécurité. Et puis une chaîne d'amour s'est mise en place, mille façons de s'aider et de se soutenir. C’était un grandissant. Quelqu'un jouait peut-être du saxophone depuis le balcon pour réjouir tout le monde, mais il y en avait qui risquaient leur vie pour les autres : des médecins et les infirmières aux employés des supermarchés...
Tout cela nous a fait réfléchir : mais pourquoi avons-nous été si égoïstes, si insatiables de choses et d'argent ? On a tout faux. Nous avons pensé que l'argent nous rendrait heureux et nous avons oublié que ce qui nous rend heureux, c'est juste l'amour.
Depuis ce temps, le monde a changé.
La pandémie a duré quelques mois, puis les gens ont pu sortir à nouveau et tout le monde était heureux de se revoir, de se revoir, de marcher pieds nus sur l'herbe du parc..."
Jules : " Ça a l'air d'un conte de fées !"

 
avril 2020
Walter Kostner