Pax & Concordia : société

La revue HAYAT : L’art de traiter la femme

Société
Typography

Le monde est régi par la bonne relation entre l’homme et la femme. Par conséquent, il ne faut pas s’étonner de savoir que la mauvaise relation entre l’homme et la femme est parmi les causes de notre faiblesse en tant que société arabo-musulmane.

L’Islam a octroyé une importance primordiale à la femme et à la place qu’elle doit avoir dans la construction de la société. C’est pour quoi Ismaïl Mokaddem ouvre son livre «La femme entre l’honoration de l’Islam et l’humiliation de l’ignorance» par l’une des plus belles phrases que j’ai lues sur la femme : «Tu es la moitié de la Nation... Et tu mets au monde l’autre moitié... Tu es donc la Nation entière...»

Une étude a été menée en Occident sur les relations maritales et elle a conclu que l’une des causes de l’échec du mariage est l’échec du dialogue et des échanges entre les deux époux. C’est pour cela que les hommes sont tenus d’apprendre l’art de bien communiquer avec les femmes car ils sont souvent la partie incriminée à ce sujet. On peut trouver un homme qui vit avec son épouse pendant des années sans jamais la comprendre ou comprendre ses besoins. Peut-être même qu’il ne comprend même pas la nature féminine. Il faut convenir que la cohabitation entre deux époux est impossible dans le cas d’une incompatibilité intellectuelle entre les deux.

La femme a besoin que son époux discute avec elle au moins quelques minutes par jour pour lui parler en toute sérénité en ami proche et non pas comme un époux ayant sur elle en particulier des droits charnels. Il faut souligner le mot «ami» car, messieurs les hommes, croyez bien que la femme a besoin que son époux soit dans la plupart du temps un ami plus qu’un époux. Elle aimerait qu’il soit le complément de son âme qui ne la quitte pas une seconde. Elle aimerait qu’il la comprenne d’un simple regard et qu’il en fasse sa confidente à qui il raconte ses joies et ses peines afin qu’elle ressente qu’elle est utile dans sa vie. Soyez pour elle le confident chez qui elle pourrait se réfugier lorsqu’elle faute pour qu’il la conseille. Non pas un mari qui lui fait des reproches, mais plutôt un ami qui lui ouvre ses bras pour l’aider à se relever.
Si cette harmonie survenait entre les deux époux, il y aurait entre eux une sorte de cohésion qui favoriserait la cohabitation même dans le cas de l’existence de problèmes conjugaux lesquels qui sont, comme on dit, le piquant à la vie.
Allah Tout-Puissant a appelé à cette amitié du dessus des sept cieux: «Le jour où l’homme s’enfuira de son frère, de sa mère, de son père, de sa compagne et de ses enfants.» Vous êtes-vous posé la question de savoir pourquoi il n’a pas dit «de son épouse et de ses enfants», lui préférant «de sa compagne et de ses enfants» ? Il faut mettre en exergue la Sagesse d’Allah Tout-Puissant qui a adjoint «compagne» à enfant, allusion à son accompagnement de son mari durant un laps de temps ayant abouti à un enfant entre eux, alors que l’épouse est telle en vertu seulement d’un acte de mariage et il se pourrait qu’il n’y ait pas consommation du mariage, ce qui fait que l’épouse peut ne pas devenir compagne. Cela a amené certains savants à affirmer que la compagne est plus proche que l’épouse car la compagne est cette amie et confidente aimant son époux, présente dans tous les détails de sa vie, et lui est, par corollaire, présent dans tous les détails de la vie de son épouse.

L’homme ne doit pas croire, lorsque son épouse veut qu’il comprenne sa nature féminine, qu’elle quémande son attention. Pas du tout. C’est plutôt l’un de ses droits à elles et l’une de ses obligations à lui.
Le Prophète Que le Salut Soit Sur Lui a dit au sujet de l’art de traiter la femme : «La femme est née d’une côte et elle ne peut pas être redressée de quelque manière que ce soit. Si tu veux profiter d’elle, fais-le en sachant qu’elle a une tortuosité. Si tu veux la redresser, tu la casseras et la cassure sera le divorce.» Dans ce hadith, il y a un mot qui est toujours compris de manière erronée à l’encontre de la femme : tortuosité. Beaucoup d’hommes traitent la femme comme étant née d’une côte tortueuse, ce qui fait que son esprit ne serait jamais droit. Cependant, si on on étudie bien la langue arabe, on comprendrait mieux le sens du propos du Prophète Que le Salut Soit sur Lui.
Dans le principe, le Prophète ne peut tenir un propos humiliant envers la femme, lui qui l’a recommandée en bien. Sachez que la côte tortueuse en l’occurrence fait allusion à la côte inclinée qui protège l’organe vital le plus important chez l’Homme : le cœur . Donc, la femme est la protection du cœur de l’homme. L’inclinaison de la femme vers le sentimentalisme est la cause du bonheur de l’homme qui devient un grand enfant entre les mains de la femme.

De même, le Prophète Que le Salut Soit Sur Lui a mesuré la foi de l’homme à l’aune de son comportement envers son épouse en disant : «Le croyant le plus complet est celui qui est le plus vertueux et le plus bienveillant envers sa famille.» Le summum de la foi et de la virilité chez l’homme est de bien se comporter envers son épouse.
L’homme apprend pour évoluer. J’espère que nous évoluerons par nos relations pour faire évoluer nos sociétés.


Berrahal Rayene

Extrait du N°239 de la revue Hayat


Télécharger et lire en Arabe