Pax & Concordia

Témoignages d’étudiants en fin de parcours en Algérie

Pax & concordia (Regards)
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Merci aux étudiants qui ont accepté de nous livrer leurs témoignages au terme de leur séjour parmi nous. Nous leur souhaitons bon vent pour la construction de l’avenir.
Ils nous donnent de belles leçons sur la façon de vivre dans un environnement étranger, bien utiles pour les futurs nouveaux arrivés mais pas seulement…

 Arrêter cette destruction lente

Photo CabrelJe m’appelle Tchatchouang Ngansop Gilles Cabrel, je suis étudiant camerounais en traitement des eaux à l’Institut National Spécialisé de la Formation Professionnelle de Sidi Aïch/Béjaïa. Après trois ans passés en Algérie, je peux dire que mon séjour dans ce pays est une grâce qu’au début je n’arrivais pas à percevoir comme telle.

Au départ je ne voyais pas les choses ainsi, car traumatisé par le fait que, non seulement c’est une fois arrivé sur le territoire algérien que j’ai su que je devais faire une formation pour un diplôme de technicien supérieur et non d’ingénierie comme je pensais et comme je souhaitais, en plus de ça, il y avait la réalité dans laquelle je baignais et à laquelle je devais faire face pendant toute ma formation. Quand je dis réalité, je parle bien sûr de la culture algérienne, la mentalité des personnes que je rencontrais au quotidien, sans oublier certains grand-frères académiques qui n’arrangeaient pas du tout les choses en nous racontant leurs expériences dans ce pays qui semblait être plus désagréable qu’agréable car ils ont été eux aussi nouveaux et ont, lors de leur arrivée, été auditeurs des aventures de ceux qui les précédaient. En outre, c’était une tradition qu’ils perpétuaient, mais bizarrement une tradition qui est généralement basée plus sur des expériences négatives que positives. Tout cela m’a donné l’impression, en première année, que j’avais fait une lourde erreur en venant ici en Algérie. Alors, au lieu de me focaliser sur l’objectif de base qui était de réussir avec bravoure, non, moi je passais mon temps à me plaindre de tout, j’étais colérique la plupart du temps surtout quand il fallait relater mon vécu ici à mes proches qui vivent dans d’autres pays. Je dénigrais l’enseignement, le niveau d’étude, je consacrais plus d’énergie à chercher des raisons nouvelles pour critiquer l’Algérie qu’à me concentrer sur mon but, ce qui faisait que je ne me donnais pas à fond dans mes études. Je ne savourais presque rien, pour moi il n’y avait d’ailleurs rien à savourer en Algérie. Ce sentiment fort était tellement ancré en moi que j’ai à plusieurs reprises engagé des procédures pour aller étudier en Europe. Mais comme le plan de Dieu n’est pas forcément le nôtre, bien qu’il demeure meilleur pour nous, aucune de ces procédures minutieusement préparées n’a abouti.

Le Seigneur, dans son infinie bonté, m’a permis d’évoluer par le biais des multiples conseils venant de mon entourage, des personnes qui se souciaient de mon avenir, des personnes qui souffraient de me voir sombrer, par des vidéos de motivation et de développement personnel, surtout par le biais de mes prières et de mes méditations quotidiennes, de revenir à l’essentiel et de comprendre en fait que le véritable problème n’était pas l’Algérie en elle-même, mais plutôt la rencontre entre « mon désir depuis le Cameroun de vouloir aller étudier en Europe » avec « les réalités vécues sur le territoire algérien ». Une fois compris cela, l’accepter au début n’était pas très évident parce que j’avais besoins de faux prétextes et de raisons erronées pour me faire croire que j’étais vraiment au mauvais endroit, pour être un paresseux avec de soi-disant bonnes raisons de l’être, mais au final le plan de Dieu devait s’accomplir. Alors petit à petit je réalisais que je me perdais, que j’insultais les efforts que ma famille avait faits pour que je sois ici, que je perdais mon propre temps, que je me détruisais, mais surtout que même si on m’écoutait quand je me plaignais, je n’aidais personne et aucun de mes proches ne partageait mon avis. J’ai également compris que moi qui avais toujours voulu vivre une vie inspirante, une vie d’exception, je n’avais par mon attitude fait que décourager beaucoup de personnes et que j’ai surtout blessé l’Algérie. C’est ainsi que, conscient de tout ça, j’ai pris l’initiative d’arrêter cette destruction lente que j’avais enclenchée au dedans et à l’extérieur de moi. Je me suis mis au travail à l’école, en expulsant de mon esprit tout prétexte malveillant qui voulait m’obstruer la voie de la réussite, j’ai décidé de changer mes pensées destructrices en pensées constructives. Je ne parlais plus mal de l’Algérie, je suis devenu défenseur de cette patrie qui a accepté de nous abriter durant notre formation, j’ai décidé de suivre un traitement personnel sur le plan psychologique en m’engageant fermement dans mon initiative d’avoir une vie inspirante pour les autres, exceptionnelle, et c’est ainsi que je me bats chaque jour pour faire des choses extraordinaires en recherchant dans toute chose, toute situation, toute personne, ce qu’il y a de motivant, de beau, d’aimable, de magnifique, en fait des choses qui vont me permettre d’évoluer positivement.

Alors, avec le temps, je me suis transformé. Grâce à cette transformation, aujourd’hui je suis titulaire d’un brevet de technicien supérieur, que très sincèrement je n’imaginais pas avoir, vu que dans ma tête dans ces moments de délire je ne comptais pas finir cette formation parce que je devais tout faire pour quitter le plutôt possible El-Djazaïr. Aujourd’hui, je suis devenu cette personne extraordinaire que vous connaissez et qui cherche chaque jour de sa vie à l’être encore plus. J’aide les autres à mener une vie extraordinaire, une vie inspirante, une vie de motivation pour les autres. J’ai surtout la gratitude de les voir réussir. J’ai appris à créer mon paradis là ou je me trouve et je l’ai fait. Je vous souhaite à tous ça. Ce n’est peut être pas facile, mais avec la volonté, la détermination, le sacrifice, l’amour, le travail et surtout avec l’aide du Tout-Puissant c’est possible. Merci.

Cabrel

Excellence d’étude et travail dans les chantiers

Photo CedricMon voyage en Algérie s’est fait dans un contexte un peu particulier ; bien que bénéficiant d’une bourse d’étude, je n’avais pas vraiment le soutien d’une tierce personne en dehors de celui de mes parents eux aussi pauvres. Mes difficultés ont commencé depuis mon pays lors de la préparation de mon départ, il s’agissait de mon billet d’avion d’une part et de certains accessoires dont je devais avoir besoin une fois en Algérie d’autre part.

A mon arrivée, mes ressources se sont très vite épuisées à cause des dépenses que je devais faire pour mon bien-être. C’est ainsi que dès mon premier congé semestriel, je me suis retrouvé en train de bosser dans un chantier. Je n’étais pas le seul à le faire mais pour ma part il le fallait car c’était l’unique moyen d’avoir un peu d’argent en attendant nos bourses qui mettent près d’un an et six mois avant d’arriver.

Malgré tout, je vivais comme un enfant normal : je participais aux réunions et rencontres dans le cadre de l’Eglise et maintenais un bon cap côté études ; pour preuve j’ai été major de mon établissement et de ma spécialité du début jusqu’à la fin de ma formation.

L’Algérie est un pays merveilleux, ils sont mieux organisés ici que chez nous sur tous les plans ; que ce soit côté santé, vie sociale, vie économique et bien d’autres. C’est facile de socialiser avec ce peuple à condition de ne pas dépasser les bornes : côté vestimentaire pour les filles, et les expressions choquantes pour les mecs en sont quelques exemples ; ils ont leur fameuse phrase « si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à me demander, ok ? » alors que certains ne vivent pas mieux que vous.

Tout ceci pour dire que c’est chacun qui vit son expérience ici. Nos succès et nos galères ne seront pas forcément les mêmes ; ce qui est sûr, lorsque l’on vit chez quelqu’un, il faut s’accommoder à ses principes pour que les deux parties ne soient pas frustrées.

 Cédric Tchassem, Camerounais

Récemment diplômé au titre de Technicien Supérieur d’électronique industrielle.

 On parlait de tout et de rien sauf de Jésus

Photo SimonJe suis Malien, venu d’un petit village du nom de Bankouma dans la région de Ségou. Ma vie de chrétien n’a pas commencé de façon spectaculaire puisque je connus dès mon jeune âge une vie tournée vers Dieu à travers l’école du dimanche. Cependant, il a fallu attendre 2013, année où je décrochai mon bac, pour que je passe par le baptême d’eau en juin et celui du Saint-Esprit plus tard par la grâce de Dieu. Si je vécus cette année-là comme une expérience joyeuse, elle marqua également le début d’une vie nostalgique non pas des parents ni des amis ou encore du pays mais de Dieu, puisque la même année je recevais la bourse d’études à destination de l’Algérie.

Les premiers mois de mon arrivée en Algérie n’ont pas été vécus comme un Eldorado, en partie du fait de m’éloigner des miens, mais principalement à cause du sentiment d’un vide créé en moi par l’absence de Dieu dans mon environnement, ou c’est ce que je croyais. N’ayant auparavant aucune information concernant l’Algérie et à quoi y ressemblait la vie d’un chrétien ; je fus étonné de me retrouver dans une cité où l’on voulait bien parler de tout et de rien, sauf de Jésus au prix de perdre possiblement sa peau, peut-être dans le sens figuré. Néanmoins, ne voulant pas que quelqu’un remarque le manque que je ressentais à cause de mon état spirituel, je me lançais dans une prière individuelle exprimant à Dieu mon besoin ardent de pouvoir le servir dans ce pays et peut-être y rencontrer des chrétiens, et ce, malgré les tensions du milieu. C’est en mars 2014 que, pour la première fois, un étudiant vint à la cité se disant chrétien et de surcroît en tournée d’évangélisation. Était-ce un songe ou une réalité ? Cet homme avait l’air bien différent dans ses propos de tous ceux avec qui je vivais à la cité. Sans trop douter, je me joignis à lui avec d’autres personnes de la cité que je tentais de persuader déjà auparavant. Enfin, je sentais que je retrouverais le bonheur tant recherché depuis bien des mois. Ensuite, nous fûmes invités à un séminaire de trois jours à Constantine où nous passâmes du temps dans la louange et l’adoration de Dieu suivis d’enseignements. C’était un groupe chrétien appelé « Les Rachetés de l’Eternel ». Dès lors, à notre retour, nous commençâmes une cellule de prière à la cité pour une meilleure communion avec le Seigneur. Nous persévérâmes dans ce dessein tout le reste de l’année durant.

Je rends infiniment grâce à Dieu par Jésus qui n’a jamais cessé de me relever chaque fois que j’étais en proie à la tentation. Son amour pour moi est sans doute inconditionnel. Gloire à Dieu ! Par contre, c’est dans ma dernière année d’études en Algérie que je finis par rejoindre mes frères à la paroisse pour y prier et continuer la communion des saints. En effet, depuis que je compris que Dieu ne fait pas acception de personnes, je suis devenu alors l’avocat d’un retour à un seul Maître et Berger qui est le Seigneur Jésus-Christ. Mon expérience avec les chrétiens catholiques fut très étroite à partir de ce moment-là, et j’apprends encore à travers ces frères et sœurs beaucoup de choses, notamment l’amour fraternel, l’humilité, etc. Je suis content aujourd’hui de voir, je crois en réponse à ma prière, que beaucoup de chrétiens en Algérie prient et s’édifient mutuellement. Maranatha ! AMEN !

Simon Dabou, étudiant malien à Sétif

N’ayez pas peur

Photo IrinaBonjour je m’appelle Irina Memelik. Je suis étudiante en environnement et originaire de Madagascar. Je suis arrivée en Algérie le 15 novembre 2015 ; Mais bien avant de toucher le sol algérien, j’avais déjà ma vision sur la vie quotidienne en Algérie, puisque les amis du pays et quelques anciens ayant connu l’Algérie me racontaient que l’Algérie est un pays musulman et que ce n’est pas simple d’y vivre sa foi chrétienne. Cela me décourageait déjà un peu. Mais toute suite après mon arrivée, les étudiants aînés de l’Institut m’ont mis en contact avec l’Église de Sétif. Aussitôt, je me suis dit que la vision donnée de l’Algérie par les gens qui ne connaissent pas bien ce pays n’est pas toujours vraie. Dès lors j’ai commencé à participer à la messe, au partage biblique et à la chorale avec cette communauté petite mais bien vivante de Sétif. Mon intégration dans cette communauté de l’Église de Sétif m’a beaucoup aidée dans ma vie personnelle durant tout mon séjour en Algérie. En effet l’Église algérienne en général, et en particulier le diocèse de Constantine à travers ses multiples rencontres organisées chaque année, nous as permis de faire beaucoup de découvertes qui aujourd’hui nous aident à bien nourrir notre foi chrétienne et bien avancer dans la vie ; Moi particulièrement j’ai eu l’occasion de visiter pour la première fois Béjaïa et Batna grâce à ces rencontres dénommées réunions de secteur. Pour finir, je lance un appel à tous les responsables de l’Église d’Algérie (évêques, prêtres et religieux) a toujours œuvré pour maintenir l’Église dans cette dynamique, je lance un appel aussi à tous ces chrétiens à travers le monde qui veulent visiter l’Algérie et qui ont peur ; je leur dis de ne plus avoir peur, car la foi chrétienne est bien vivante en Algérie. Que Dieu bénisse l’Église algérienne. Merci.

Irina Memelik, étudiante malgache à Sétif

Je voulais montrer le trésor de ma foi : tolérance, pardon et amitié

Photo PrudenceMa vie avant l’Algérie. J’étais un petit garçon, plus court de taille que normal (ma tante m’appelait « kibushuti » qui veut dire un marteau. Étant le benjamin avec un décalage de 5 ans avec ma sœur juste avant moi, et de 9 ans avec l’ainée de mes sœurs, je n’avais pas de relation forte avec elles, on avait rien à discuter ni à jouer ensemble. Elles étudiaient dans une autre wilaya, revenaient seulement pendant les congés et repartaient après. Je passais tout mon temps à jouer et nourrir les poules, les chèvres et les cochons. A l’âge de 15 ans, mon tour est venu de quitter la maison et je suis parti en internat dans une autre wilaya. C’est là-bas que j’ai commencé à vivre l’amitié, vivre en communauté entre d’autres jeunes catholiques. J’ai appris à chanter toutes les voix (soprano, alto, ténor et basse) parce qu’il n’y avait que des garçons dans notre école. C’est là-bas aussi que j’ai commencé le sport et rejoint un groupe de danse. Finalement j’ai gagné en taille, petit à petit, jusqu’à 1,72 m aujourd’hui. J’étais le plus noir de ma classe et par conséquent j’ai appris à supporter les blagues, et jusqu’aujourd’hui j’adore rigoler. J’aimais beaucoup la médecine, pas seulement pour me singulariser parmi les 10 enfants de mon père, mais aussi parce que je voulais soigner mon père qui était malade (diabétique, hypertendu).

Ma vie en Algérie. En octobre 2011, je suis arrivé à Constantine et à la minute où je vous raconte cela, ça fait plus de 2 ans que je ne suis pas rentré chez moi. Quand on dit cela à un Algérien, une expression de pitié se forme sur son visage parce que, chez eux, la famille vient avant tout, et aucun jeune ne pourrait supporter d’être séparé de sa famille pour longtemps. En première année, quelques événements sont survenus et il m’a fallu m’adapter vite : la médecine a été donné à d’autres, seulement deux Tanzaniens, et le ministère de l’enseignement supérieur algérien m’a donné la chirurgie dentaire. C’était vraiment décevant d’abord parce que mon père n’avait aucune dent cariée à 64 ans et, secundo, j’avais renoncé à faire médecine à l’Université majeure de médecine de Dar es Salam alors que nous étions seulement 200 à être acceptés. Papa m’a encouragé à étudier les dents mais, avant même que je commence la formation, il est décédé.
J’ai commencé la chirurgie dentaire. J’étais le seul étudiant étranger, seul chrétien bien sûr, avec des collègues algériens beaucoup moins âgés que moi. Les conversations avec les garçons me plaisaient peu, c’était un peu plus facile avec les filles car elles étaient plus sérieuses dans les études et maîtrisaient mieux la langue anglaise que les garçons.
A ce moment-là, mon français était en sommeil. Il a été réveillé par mon camarade de chambre Herme (un lusophone de Guinée Bissau ; avec lui nous n’avions pas d’autre langue commune que le français), mais aussi par les amis francophones que je me suis faits aux JAJ de 2012 (rassemblement des étudiants chrétiens post-JMJ). Pendant cette rencontre, un pianiste m’a trop impressionné, raison pour laquelle j’ai acheté un clavier et me suis introduit dans la chorale qui existait à cette époque à la paroisse. Le fait de connaitre le curé Père Théoneste, son histoire impressionnante, les anniversaires qu’on fêtait chez lui et manger les lapins avec lui, était le pivot de ma vie. En plus du confort trouvé après la connaissance avec les sœurs (les Filles de la Charité) et beaucoup approfondi avec l’arrivée des Sœurs de l’Annonciation de Bobo Dioulasso, les trois me rappelant « Rosemary » ma maman au foyer, qui habite actuellement chez sa sœur « Maria Salomé » à Dar es Salam. J’avais l’habitude de gérer mes affaires lentement et tranquillement, d’une manière africaine, jusqu’à l’arrivée du père Michel à Constantine. Il m’a introduit à un nouveau rythme, il m’a fait confiance et m’a poussé à faire beaucoup de choses que je croyais impossibles.
Dans mon entourage, j’ai constaté que j’avais une nouvelle identité devant leurs yeux. J’étais « un chrétien », alors qu’ils ne me voyaient pas comme cela auparavant. Ici, tout ce qu’on fait ou dit est supposé attester de notre confession. Spontanément, j’ai commencé à me référer aux principes de ma foi parce que je ne voulais pas donner une image fausse ou mauvaise de ma religion et aussi je voulais montrer le trésor de ma foi plus précisément sur la « tolérance, le pardon et l’amitié ».
Je remercie infiniment mes collègues étudiants étrangers. Ensemble on a fait exister la jeunesse dans notre diocèse. Je vous passe un simple message, pour ceux qui aiment notre foi et l’unité de notre Église : Quelle que soit l’activité religieuse que vous décidez (messe, chorale,…), il vous faut bien vous engager par une décision prise du fond de votre cœur, sinon Satan sait bien nous manipuler par les excuses de la fatigue, des études, la paresse ou le souci de faire des économies. On doit pouvoir tout gérer par l’aide de Dieu qui nous donne la force en tout. Je remercie aussi mes frères et sœurs algériens chrétiens ; ensemble on a partagé des moments constructifs, formidables et inoubliables.
Finalement, un grand merci à toute la communauté, d’une richesse et diversité que je pense ne plus jamais rencontrer. Je souhaite à chacun et chacune bonne continuation dans sa foi, on est tous dans la même direction malgré nos départs différents. Un jour on se retrouvera tous ensemble chez notre père au paradis…… Amen.

Prudence

Ils nous appellent Africains !

Arrivé au terme de mon séjour ici en Algérie, je peux résumer mon aventure en quelques points.
L’Algérie : très beau pays, riche, une géographie magnifique, des plages superbes, un peu négligées. Coût élevé du poisson. Une histoire faite de hauts et de bas comme la majorité des pays d’Afrique.
Les Algériens : Bien que les Arabes aient plutôt mauvaise réputation à l’extérieur, je les ai trouvés plutôt accueillants. Leur comportement est parfois déplacé à cause du manque d’ouverture vers l’extérieur (secteur touristique peu développé) mais qui suis-je pour juger ?
Ils nous appellent « Africains » !
Les études : Pour la majorité de ceux qui comme moi viennent de l’étranger, le système est un peu flexible, moins rigoureux que ce que j’ai connu au Cameroun : un peu de laisser-aller des enseignants, manque de motivation des étudiants algériens qui veulent tous quitter le pays, alors que la plupart n’ont même pas voyagé de Skikda jusqu’à Constantine. Dieu merci mes études se sont bien passées.
La religion : Les mêmes questions reviennent en boucle : « D’où viens-tu ? Mali ? Niger ? », « Toi musulman ? ». Quand ils savent que vous êtes chrétiens, pour certains radicaux c’est l’enfer, pour d’autres « Maalich », et certains plus ouverts « Nous sommes tous frères ». Je voudrais féliciter les Algériens chrétiens car à leur égard il n’y a pas autant de tolérance et ils sont parfois obligés de se faire discrets. Nous, étudiants réussissons à faire exister l’Eglise. J’apprécie le fait que tous les cultes (catholiques, protestants, pentecôtistes) s’y réunissent sans distinction. Courage aux prêtres qui célèbrent la messe même s’il n’y a que deux étudiants. Les Algériens se donnent très souvent l’objectif de nous convertir ; on ne leur en veut pas, ils pensent bien faire et chacun défend ce qu’il juge juste et idéal. Je suis favorable aux rassemblements organisés comme Skiknaba. Ils sont un moyen de partage et d’échange et ont leur importance pour l’essor de l’Église en Algérie.

Florian

 

Extraits de l’écho de Constantine Juin 2018