Vendredi Saint - 25 mars 2016

Année C
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La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (18,1-19,42) ecouter

 Psaume du jour,

 

Commentaires de l'Evangile du jour et Commentaire de Charles de Foucauld

 

logopsaumesdlv1Ô Père, en tes mains je remets mon esprit.
(cf. Lc 23, 46)

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
garde-moi d’être humilié pour toujours.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

Je suis la risée de mes adversaires
et même de mes voisins ;
je fais peur à mes amis,
s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.

On m’ignore comme un mort oublié,
comme une chose qu’on jette.
J’entends les calomnies de la foule :
ils s’accordent pour m’ôter la vie.

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s’acharnent.

Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
sauve-moi par ton amour.
Soyez forts, prenez courage,
vous tous qui espérez le Seigneur !
la lecture de la bible 2835822«Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit» - Abbé Francesc CATARINEU i Vilageliu - (Sabadell, Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui nous célébrons le premier jour du Triduum pascal. C'est donc le jour de la croix victorieuse, d'où Jésus nous a laissé le meilleur de Lui-même: Marie comme mère, le pardon —à ses bourreaux aussi— et la confiance totale en Dieu le Père.

Nous l'avons entendu dans la lecture de la Passion d'après le témoignage de saint Jean, présent sur le Calvaire avec Marie, la Mère du Seigneur, et les saintes femmes. C'est un récit riche en symboles, où chaque petit détail a un sens. Mais le silence et l'austérité de l'Église, aujourd'hui, nous aident aussi à vivre dans un climat d'oraison, bien attentifs au don que nous célébrons.

Devant ce grand mystère, nous sommes avant tout appelés à voir. La foi chrétienne ne consiste pas à révérer un Dieu lointain et abstrait que nous méconnaissons, mais dans l'adhésion à une Personne, vrai homme comme nous et aussi vrai Dieu. L'Invisible s'est fait chair de notre chair, il s'est fait homme jusqu'à la mort et à la mort sur une croix. Mais ce fut une mort acceptée pour le rachat de tous, une mort rédemptrice, une mort qui nous donne la vie. Ceux qui se trouvaient là et le virent, nous ont transmis les faits et, en même temps, nous découvrent le sens de cette mort.

Nous nous sentons avant tout reconnaissants et plein d'admiration. Nous savons le prix de l'amour: «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis» (Jn 15,13). La prière chrétienne ne consiste pas seulement à demander, mais —avant tout— à admirer avec reconnaissance.

Jésus, pour nous, est un modèle qu'il faut imiter, c'est-à-dire reproduire en nous. Nous devons être des personnes qui aiment jusqu'à se donner et qui confient dans le Père en toute circonstance.

Voilà qui contraste avec l'atmosphère indifférente de notre société; c'est pourquoi notre témoignage doit être plus courageux que jamais, car le don est à tous. Comme le dit Méliton de Sardes, «Il nous a fait passer de l'esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie. Il est la Pâque de notre salut».
CHARLES DE FOUCAULD : COMMENTAIRES SUR La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (18,1-19,42)
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« J'ai soif. »

Vous avez soif, mon Dieu !.. Soif matériellement, car la fièvre vous accable, vous avez perdu votre sang, vous souffrez des douleurs inexprimables, votre gorge est desséchée, et à tant d'autres tourments s'ajoute celui de la soif... Vous avez plus soif encore spirituellement ; votre cœur est dévoré de cette soif qui vous a fait descendre sur la terre, ô Dieu tout-puissant, de cette soif qui vous a fait y vivre 33 ans et qui vous fait mourir sur ce Calvaire ! de cette soif de notre salut, de notre sainteté qui vous a fait vous incarner, vivre et mourir... Vous avez soif de nous, mon Dieu, soif de notre Bien, soif de notre bonheur éternel, ô Dieu de Bonté ! C'est cette soif qui vous a conduit ici, qui vous a cloué sur cette croix !.. Ô Cœur de Jésus, quel excès de bonté, quel excès d'amour, c'est la violence de vos désirs, de notre bonheur éternel qui vous fait battre en ce moment si douloureusement sur la croix et qui tout à l'heure vous y fera percer !

Aimons Jésus puisque Jésus nous a tant aimés !.. Aimons Jésus qui pour notre sanctification est mort dans de telles douleurs !.. Sanctifions-nous, puisqu'il a tant souffert pour que nous nous sanctifiions ! Qu'est-ce que nous sanctifier ? C'est aimer Jésus: l'amour de Jésus comprend toute sanctification, car il comprend nécessairement par sa nature même l'obéissance à Jésus (laquelle nous prescrit toute perfection: « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. ») et l'imitation de Jésus (qui est la sainteté même)... Aimons donc Jésus puisqu'il nous aime tant, désire tant d'être aimé de nous, a acheté notre amour au prix de son sang... (acheter notre sanctification au prix de son sang n'est autre chose qu'acheter notre amour; et non seulement il nous prouve, en achetant à ce prix notre amour, qu'il le désire, mais il nous le dit: « Que veux-je sinon qu'il s'allume

?.. »)... Aimons Jésus qui nous aime, désire être aimé de nous, a acheté notre amour au prix de sa vie, nous dit qu'il nous aime, nous prouve qu'il nous aime en mourant pour nous, nous ordonne de l'aimer (c'est « le premier commandement »), nous dit que son seul désir est que nous l'aimions (« Que veux-je sinon... »), enfin qui est tout aimable, qui est l'infinie perfection !.. Aimons-le en accomplissant les œuvres de l'amour, en lui obéissant, l'imitant, le contemplant, aimons-le en nous unissant à lui dans la sainte Eucharistie, en faisant pour lui les plus grands sacrifices, et tant que nous ne sommes pas parfaitement unis à lui (ce qui n'a lieu qu'au ciel), en le désirant et en soupirant après lui.

Charles De Foucauld: Commentaires sur l’Evangile