Témoignage oécuménique de Priscilla ANDRIAMIHAINGO

Le coin des étudiants
Typography

Témoignage oécuménique de Priscilla ANDRIAMIHAINGO, jeune malgache étudiante en Algérie

(...)Je m'adresse à vous Leila:



En premier lieu, je dirai que vous êtes bénie d'avoir retrouvé cette bibliothèque des frères à Oran, "SOFIA" pour y travailler. J'ai moi-même compris que votre cœur se trouvait dans l'Eglise Catholique. En effet vous avez dit que lorsque vous étiez petite, vous avez fait une petite crise pour pouvoir retourner chez les soeurs. Ou que le fait de rentrer à l'Ecole algérienne a causé un traumatisme chez vous; ou encore que SOFIA et les gens que vous y fréquentiez étaient pour vous une "famille".

En second lieu, je tenais à vous remercier profondément du beau témoignage de ce matin. Pendant trois ans, je cherchais à comprendre pourquoi je ressentais un grand vide en moi. Quelque chose me manquait mais je ne savais pas ce que c'était. Cela a commencé quand je rentrais à la faculté de Médecine-département Pharmacie à Madagascar. Il y avait une coupure avec l'Eglise Catholique. En effet, de la maternelle à la terminale, j'ai été chez les Catholiques: les Lassalliens, les Jésuites, etc. Je sors pourtant d'une famille purement protestante et moi-même je le suis. Et dans mon pays, les catholiques et les protestants ne s'entendent toujours pas très bien (ce qui est désolant car nous nous prononçons tous chrétiens). Mais mes parents avaient toujours eu une sorte de confiance à l'éducation chez les catholiques. Et c'est cette confiance là qu'ils m'ont transmise.

En troisième lieu, depuis toujours, je pensais à ce que j'aurai comme métier un jour. Je rêvais d'être pilote, médecin, informaticienne etc. Je n'étais jamais sûre de ce que je voulais réellement de peur de ne pas être au bon endroit, là où on aura vraiment besoin de moi et de mes savoir-faire. Et dernièrement, je faisais des recherches sur internet, je consultais des forums de discussion sur les débouchés qu'il y a après une licence en Mathématiques Appliqués (c'est que je rentre en troisième année). Et je n'arrivais pas à faire mon choix et cela me troublait. Mais aujourd'hui, grâce à votre témoignage, vous avez enlevé ce poids que je portais depuis longtemps. C'est vrai, je ne suis pas encore décidé sur ce que je vais faire mais maintenant, j'ai la certitude que peu importe la spécialité dans laquelle je vais poursuivre mes études, où que ce soit, si cela me rapproche de l'Eglise Catholique, je serai heureuse. L'entourage des religieux me motive à exceller dans ce que je fais.

Enfin, il me reste à découvrir ce qu'il y a de magique dans cette Eglise car nous sommes déjà deux personnes (vous et moi) extérieures à cette confession qui y sommes attachées, sans parler de tous les frères et sœurs musulmans qui sont ici comme Fatma et Assia, Sabiha, Youssef et d'autres encore qui ont témoigné de ce que représente pour eux l'Eglise Catholique à travers les Pères Blancs et les Soeurs Blanches. Et je cherche à découvrir cela pour pouvoir toucher les coeurs de ceux qui en ont besoin et de les aider d'une manière ou d'une autre....

Voilà l'effet de votre témoignage en moi, je tenais à le partager à tout le monde. Et encore une fois, merci d'être venue et d'avoir partagé la vie...

Priscilla ANDRIAMIHAINGO (étudiante malgache à Tizi-Ouzou, Algérie)

Le témoignage de Priscilla a été "provoqué" par celui de Laïla, jeune femme musulmane algérienne