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"Les Glycines" - Dimanche 28 juin 2015 22h00 - "Si tu veux connaître ma ville ..." Alger racontée par un architecte

Evènements du diocèse d'Alger
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Voyage aérien sur Alger

Projection de cartes et plans, de dessins et de photographies aériennes

Halim Faïdi

Architecte - Urbaniste - Scénographe

Dimanche 28 juin 2015

22h00


"Depuis toujours, les établissements humains obéissent aux mêmes règles fondamentales. La ville est un contenant, et nous-mêmes, partie du vivant avec la faune et la flore, constituons le contenu. Réunis, nous formons un organisme vivant capable de se dégrader ou de se régénérer, d'exister pour mille ans ou de disparaitre à jamais. Le contenu et le contenant sont intimement liés comme le corps et l'esprit. Nous créons individuellement et collectivement notre cadre de vie intime et influençons notre environnement global qui finit par agir sur nous, capable de scléroser nos esprits ou de libérer nos sens.

Si tu veux connaitre ma ville, tu dois d’abord me connaitre, comprendre de quoi je suis pétri et en quoi je suis singulier. Me regarder de loin ne suffit pas. Il te faut me côtoyer ou me laisser te hanter. Pour aimer ma ville, tu dois d’abord m’aimer et pour m’aimer, tu dois me connaitre

Je suis né moderne et indépendant dans une ville schizophrénique. J’ai grandi au travers d’une Place, d’une avenue, d’un boulevard, d’un square, d’une rampe, d’un escalier ou d’une impasse. Mes repères balancent sans cesse entre les hauts et les bains. La boussole et le plan n’ont jamais pu guider mon parcours sans cesse entre montagne et baie, entre ciel et mer. Tu montes ou tu descends ?

Je suis le nègre blanc de ferré, qui mangeait du cirage parce qu’il se faisait chier à être blanc ce nêgre. Si je pouvais retirer ce qui reste de ce que je fus à travers les siècles, si je pouvais soustraire la fantaisie qui nourrit mon égo, mon reflet, l’Homme que je parais être, l’Algérois vu d’ailleurs, il resterait mes langues préférées, celles orales et celles écrites, ma part du rythme et celle de la danse. Il resterait mes contradictions, mon patriotisme contre ma soif d’ailleurs, mon regard révolté contre mes révolutions. D’autres ont essayé de me transformer. En vain. Ma formule est complexe, elle relève de la chimie des explosifs, à manipuler avec délicatesse : Je suis un berbère africain, judaïsé, christianisé, latinisé, arabisé, islamisé, passé d’Homme libre – c’est mon nom générique– à indigène insoumis, surexploité, à nouveau libéré, par lui-même, puis encore éconduit, par lui-même, endoctriné, restreint et sous-étudié, indocile et avide d’irrévérence. Putain, Quelle Histoire. J’écris en français tout ce que je peux penser en arabe pour décrire mon rêve berbère. Ma mue se fait sur des mémoires floues. Les plus récentes ont dessiné ma dernière peau. Je ne me souviens ni des phéniciens ni des vandales. De Rome, j’ai retenu le vin et des Arabes la langue de ma foi. De l’Andalousie, il m’est resté le raffinement, la poésie et la douceur d’un arc qui chante. Le souvenir de la chute de Grenade est trop éloigné pour avoir cultivé ma rancœur. De la France, il m’est resté un peu d’universalité et beaucoup d’amertume. La fraternité passe par l’égalité et les deux ne sont rien sans la liberté. De la France, j’ai accepté un héritage précieux - l’extension d’Alger, source de ma multi-polarité et preuve s’il en fallait que j’existais bien avant la révolution industrielle et le colonialisme."

Extrait du texte "Algérois du Monde"exposé à la Manne - Paris, dans le cadre de l'Exposition Alger en Vies – 2015, Mohamed Larbi MERHOUM, commissaire scientifique.

Diplômé de l’EPAU, Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger en 1988, Halim Faïdi est architecte urbaniste et scénographe. Il est l’auteur de la rénovation et la transformation des Galeries Algériennes d’Alger, qui abritent le Musée d’Art Moderne d’Alger (MAMA). Lauréat du prix Prix Tony Garnier (Paris, 1990), il a reçu en 2012 le Prix National d’Architecture et d’Urbanisme et le Prix du président de la république pour la conception