De religions différentes, ils ont fait un tour du monde de la foi

Dialogue islamo-chrétien
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Ariane, athée, Léa, juive, Samir, musulman, Lucie, catholique... Ils ont fait le tour du monde à la recherche des initiatives interreligieuses. Ariane 28 ans est athée, Léa, 21 ans juive, Lucie 20 ans catholique et Samir 28 ans musulman. Pendant 10 mois, ils ont fait un tour du monde de la foi, par avion, train ou voiture selon les destinations.

De cet Interfaith tour, fondé par l'association interreligieuse Coexister, ils sont rentrés en avril. Après une pause de cinq jours, ils sont repartis, en camping-car cette fois, pour témoigner pendant deux mois à travers la France de ce qu'ils ont vu et vécu. « Nous avons été dans 32 pays, pris 50 fois l'avion depuis notre départ de France en juillet 2015. Partout dans le monde, il y a des tentatives de rapprochement interreligieuses »

Du Rwanda à la Pologne

Au Rwanda, une commission interreligieuse organise des trocs d'objets entre famille de victimes et celles des bourreaux. Des draps contre de la vaisselle, des moutons contre des poulets, car pour retisser du lien social après les massacres, le dialogue est trop difficile.

L'échange au-delà des mots, c'est la solution qu'i est tentée. Aux Philippines, des classes chrétiennes et musulmanes se connectent par Skype. Au Liban, ce pays aux 18 communautés religieuses différentes, une organisation favorise l'action interreligieuse au travers des séminaires et des formations pour la diversité religieuse et la solidarité spirituelle. En Pologne, une fondation enseigne l'Islam soufi. Les participants de différentes religions jouent des personnages importants pour mieux appréhender ce qu'ils représentent. « On est allé voir ce qui se faisait de bien dans le monde. On avait chacun notre vision, de par la différence de notre éducation, notre histoire, notre religion. Mon voyage en Israël et en Palestine a été une expérience qui m'a bouleversé, témoigne Samir, musulman. C'était ma première rencontre avec la communauté juive. J'ai jeûné avec un juif, et une famille juive a vécu l'Aïd avec nous. »

Il poursuit : « Je me suis retrouvé en montagne avec des chrétiens, alors que nos communautés à Marseille ne se parlent pas beaucoup. »

Ariane, qui est athée, explique sa présence : « Coexister, c'est de l'interconvictionnel et de l'interreligieux. On prend en compte toutes les composantes d'une société, en gros un tiers de croyants, un tiers d'agnostiques et un tiers d'athées, pour créer du lien social. Le vivre ensemble n'est plus de la théorie. » Avant de conclure : « Face aux jeunes auprès de qui nous témoignons, on crée le déclic pour dire que c'est possible d'aller au-delà des différences. »