Le grand entretien (2/2). François Huguenin : « L’unité de l’Église dans sa diversité est ce qui m’a le plus touché »

Dialogue islamo-chrétien
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François Huguenin est historien des idées, diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, et auteur de talent.
En 2012, il publiait Les Voix de la foi, un recueil impressionnant des plus grands textes catholiques. A l’occasion de sa réédition en poche, François Huguenin a répondu à nos questions.

Aleteia : Faire voisiner Léon Bloy et le pape François, Maître Eckhart et saint Ignace de Loyola peut sembler risqué. Quel est le paysage commun de ces deux cent un textes ?

François Huguenin : J’ai choisi trois types de textes : ceux qui contribuent à l’intelligence de la foi ; ceux qui illustrent le rapport au monde des catholiques ; et enfin les textes mystiques qui creusent le rapport à Dieu. Dans ce panorama, il y a évidemment des auteurs très variés qui composent une polyphonie magistrale. Mais il y a une unité, c’est celle de l’Esprit Saint, à l’œuvre dans les âmes, celle de l’amour inséparable du Christ et de son Eglise. Des plus intellectuels aux plus simples, des plus littéraires aux plus populaires, ces textes manifestent qu’ils sont animés par le même souffle de vie.

Les Voix de la foi permettent incontestablement à chaque chrétien de nourrir sa méditation. Qu’avez-vous personnellement puisé dans ces textes ?

J’ai considéré ce travail, suggéré par mon éditeur, comme une grâce. Comme un temps d’approfondissement de ma foi dans une forme d’ascèse qu’est l’écriture, de gratitude surtout pour ce que j’ai reçu. Sans doute l’unité de l’Eglise dans sa diversité est ce qui m’a le plus touché.

Si vous ne deviez retenir que trois textes, quels seraient-ils ?

Il y aurait d’abord un texte de saint Augustin, peut-être celui des Confessions, car le cœur d’Augustin est le désir de Dieu, source de toute conversion, et qu’il nous apprend que Dieu est en nous alors que nous sommes en dehors de nous-mêmes, en permanence dispersés, ce qui est d’une actualité éblouissante.

Puis un extrait des Relations de la Bienheureuse Marie de l’Incarnation, texte mystique sublime du milieu du XVIIe siècle, écrit dans la plus belle langue française qui soit.

Et enfin, Evangelium vitae de Jean Paul II qui, sur les questions politiques, est un texte d’une lucidité et d’une profondeur admirables.