Communautés catholiques en Algérie

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La Croix: En Algérie, une Église ouverte à tous

A l'intérieur du Monastère Notre-Dame de Tibhirine, Algérie, le 25 avril 2018. / Mohamed Messara / EPA / Maxppp

Les Bienheureux
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Publié par Pierre Wolf-Mandroux 

[MAGAZINE PÈLERIN] À l’automne prochain, les 19 martyrs chrétiens d’Algérie seront officiellement béatifiés à Oran. Un événement de taille pour la minuscule Église catholique du pays, restée dévouée au peuple algérien. Pèlerin est allé la rencontrer, de Tibhirine à Alger, en passant par Oran et la Kabylie.

Pour annoncer la célébration eucharistique du dimanche, le P. Eugène a pris l’habitude
de faire retentir la cloche du cloître blanc de Tibhirine. Son tintement vient rompre la
quiétude monacale des lieux. Les pas de frère Guy et du P. Bruno résonnent bientôt
entre les murs.

Le monastère de Tibhirine, à nouveau lieu de prière

Ces trois religieux de la communauté du Chemin-Neuf qui fait revivre le monastère
depuis 2016, pénètrent dans la chapelle où priaient quotidiennement les trappistes
assassinés en 1996. Ils sont rejoints par un Algérien converti, venu d’un village voisin.
Puis par Bernard, un laïc du Chemin-Neuf arrivé de Reims pour préparer le
remplacement des toitures vieillissantes des bâtiments. La messe peut commencer.

Vingt-deux ans après l’assassinat de sept moines du lieu, et dix-sept ans après la tentative
échouée de cisterciens d’y revivre, le monastère est à nouveau un lieu de prière
communautaire. Et non plus seulement une exploitation agricole ou un espace de
mémoire.

Les collines émeraude et une vue à couper le souffle

Du haut de la crête de l’Atlas qui domine le monastère, et de la fenêtre de la salle à
manger, la vue coupe le souffle. En ce mois d’avril, les collines émeraude miroitent
comme la surface d’un lac. On saisit pourquoi frère Luc, le moine médecin de Tibhirine,
y adorait les couchers de soleil.
Sur le domaine, Samir et Youcef, deux musulmans du village, ont été formés aux
travaux agricoles par le prêtre agronome Jean-Marie Lassausse, présent de 2001 à 2016
(1). Ils conduisent les moutons dans le champ à quelques pas des tombes des moines
bientôt béatifiés, comme douze autres martyrs chrétiens d’Algérie. Ils s’occupent des
fruits et légumes ainsi que des ruches.

Vers 10 heures, ils s’octroient une pause-café avec les frères, perpétuant par ce rituel
l’esprit de concorde qui régnait entre moines et habitants. Pour autant, rien ne sera
plus jamais comme avant. Les religieux n’ont pas la liberté de leurs prédécesseurs. Ils
sont escortés par la police à chaque sortie, même pour des courses, et le monastère est
constamment gardé.

« Les Algériens ont plus le sens du sacré que les Français »

Difficile, dans ces conditions, de créer des liens profonds avec les villageois qui ne
demandent pourtant pas mieux. Les frères espèrent que les entraves se relâcheront
avec le temps. Dans le cas contraire, le risque serait, nous confie l’un d’eux, que
grandisse en eux un sentiment d’enfermement et de solitude.

De leur côté, ils ouvrent leurs portes à tous les visiteurs, à 90 % algériens. « Ils sont
touchés par le sacrifice des moines et par la paix du lieu. Ils sont aussi désireux de
mieux connaître cet épisode qui fait partie de leur histoire nationale, et heureux qu’on
leur donne des explications sur notre religion, eux qui ont bien plus le sens du sacréque
les Français », constate le P. Eugène.

Dans la Casbah, un centre d’aide pour les femmes

L’Église d’Algérie vit dans bien d’autres endroits de ce pays à 99 % musulman. Sœur
Bertha, sœur mexicaine des Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, gère un centre
d’aide aux femmes défavorisées dans la vieille ville d’Alger, la Casbah. Les femmes y
apprennent la broderie ou la couture et confectionnent, en s’entraidant, des produits
qu’elles vendent.

On discute avec Malika, une femme qui a trouvé ici une bouffée d’air à son existence.
Elle raconte la pression de sa belle-famille et de son mari pour qu’elle effectue toutes
les tâches ménagères et éduque seule ses enfants. Mais elle n’arrivait pas à tout mener
de front : « J’étais tellement angoissée que je n’éprouvais plus d’amour pour mes trois
filles. L’une d’elles ne parlait jamais. C’était parce que je la laissais toujours devant la
télé pour faire mon ménage et ne lui parlais pas. Personne ne m’avait expliqué qu’il
fallait communiquer avec les bébés ! » Depuis que les sœurs l’aident, elle se dit
heureuse, a pris confiance en elle. « Avant, je pensais que les catholiques étaient de
mauvaises personnes. C’était ce qu’on m’avait raconté dans ma famille. »

Les migrants subsahariens, nouveaux chrétiens de l’Algérie

Vingt kilomètres plus loin, l’église de Bordj-el-Kiffan, cédée il y a une vingtaine
d’années à la commune par le diocèse d’Alger, a été officiellement reconvertie en
bibliothèque. Elle menace ruine comme tant d’autres églises coloniales non
entretenues. Un trou béant remplace l’ancienne rosace, volée. Des vitraux et des tuiles
se sont évaporés.

Et pourtant, la paroisse, qui consiste désormais en une petite chapelle édifiée à côté de
l’église, fait le plein chaque vendredi. Elle est devenue le lieu de rendez-vous des
étudiants subsahariens puis des migrants chrétiens. Elle se dresse comme une oasis
pour ces derniers, rare endroit où ils peuvent trouver du repos, du réconfort et
échanger des conseils...

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Source : https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/En-Algerie-Eglise-ouverte-tous-2018-05-07-1200937149